‹ Le quatrième évangileChapitre 757 sur 857 · Ainsi Holtzmann, loc. cit. ; Knabenbauer · texte numérisé non relu

Ainsi Holtzmann, loc. cit. ; Knabenbauer

3. Dans cet évangile, c'est Ilérode qui ordonne le crucifiement de Jésus.

LE CHRIST ET PILATE

disons même catholique, pouvait admettre. Il sous-en tendra dans son récit que la condamnation de Jésus n'a pu être portée que par Pilate et que celui-ci n'a pu juridiquement se dispenser de l'accorder; en même temps, il fera voir le gouverneur poussé par les Juifs et rejetant sur eux, dans la mesure du possible, la responsabilité de la sentence et de l'exécution. L'esprit général de la narration invite donc à entendre la proposition de Pilate selon le sens naturel des mots. Le procurateur accorde implicitement la condamnation qu'on lui demande et qu'il ne peut refuser, mais il veut que les Juifs se considèrent comme responsables et surveillent, autant qu'il est en eux, l'exécution; pour ce qui est de sa propre conscience et de l'affaire en elle-même, il ne croit pas que Jésus ait mérité la mort.

C'est ce dernier point qui amène la protestation des Juifs. Ils veulent bien crucifier Jésus, mais ils ne veulent pas laisser dire qu'ils ont demandé la mort d'un innocent. « Nous avons une Loi, et selon la Loi il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu K » Si le procurateur n'est pas touché du côté politique de leur accusation, qui pourtant le regarde, et sur laquelle on ramènera bientôt son attention, il y a un côté religieux dont eux seuls peuvent apprécier l'importance, et qui fournit incontestablement matière à une condamnation capitale. Péripétie nouvelle et inattendue de la discussion : l'on reprend ici devant Pilate le grief qui , dans les Synoptiques -, sert de motif à la résolution du sanhédrin ; mais les mots : « Fils de Dieu », sont pris dans le sens johannique ^. Les Juifs se réfèrent aux prescriptions de la Loi mosaïque relatives aux blasphémateurs ^. Cet emprunt à la tradition synoptique est d'autant plus singulier, que, dans les premiers Evangiles, le grief purement religieux n'est point allégué devant le procurateur. Jean, qui n'en a rien dit en racontant l'interrogatoire de Jésus par le grandprêtre, s'en sert maintenant pour fournir au juge une dernière occasion de rentrer dans le prétoire et de converser avec le Christ. L'incident n'aura pas d'autres suites, et ce n'est pas pour satisfaire à la Loi que Pilate se décidera enfin à livrer Jésus. En dépit des appa-

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