‹ Le quatrième évangileChapitre 758 sur 857 · Les commentateurs indiquent Lév. xxiv · texte numérisé non relu

Les commentateurs indiquent Lév. xxiv

rences, ce trait ne tend nullement à prouver que Pilate se soit borné à ratifier un jugement prononcé par le sanhédrin selon la Loi juive. Il nous instruit seulement sur les procédés suivis par Tauteur du quatrième Evangile dans la composition de ses récits.

XIX, 8. Lorsque Pilate entendit ces mots, il eut encore plus de crainte, 9. il rentra encore dans le prétoire et dit à Jésus : « D'où es-tu? » Et Jésus ne lui fit pas de réponse. 10. Alors Pilate lui dit : « Tu ne me parles pas? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te relâcher et que j'ai le pouvoir de te crucifier. » 11. Jésus lui répondit : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi, s'il ne t'avait été donné d'en haut; c'est pourquoi celui qui me livre à toi est coupable d'un plus grand péché. »

La déclaration des Juifs impressionne grandement Pilate. « Lorsqu'il entendit ce discours, il eut encore plus de crainte » Selon certains commentateurs ~, Pilate, superstitieux autant que sceptique, craindrait d'avoir affaire à un dieu réel, ou tout au moins à un demi-dieu, si toutefois il ne redoutait pas la vengeance du dieu des Juifs 3. Mais le texte parle d'un accroissement de crainte : Pilate n'était pas exempt de crainte avant qu'on lui parlât du « Fils de Dieu », et il s'effraiera bien plus fort quand on le menacera au nom de César. Sa terreur a la même cause depuis le commencement jusqu'à la fin. Pilate a peur, non de se compromettre personnellement ^, ce qui peut être vrai au point de vue de l'histoire ne l'étant pas comme interprétation du récit johannique, mais, avant tout, de contrevenir à la loi en déclarant innocent un homme qui tombe sous la loi. En vertu de cette crainte, il a, dès l'abord, proposé la grâce de Jésus, n'osant prononcer .une ordonnance de non-lieu. Maintenant il a peur que l'affaire ne soit plus grave qu'il n'avait pensé ; si l'accusé a affiché des prétentions exorbitantes dans l'ordre religieux, il a pu menacer en même temps la paix publique; il est peutêtre moins inoffensif qu'il ne paraît. On a dit que Pilate était obligé de faire respecter la Loi juive, qu'il ne pouvait soutenir Jésus contre cette Loi sans s'exposer à une plainte devant l'empereur, qui ne manquerait pas de lui donner tort '\ Tel devrait être le sens de

Page 1