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2. V. 11. oùx sr/sç IÇo'jaiav xar' Èijlou oùo£[j.''av et [j.7] t^v Ssooij.évov aoi avwOev.
LE CHRIST ET PILATE
réellement le droit de juger le Christ; et l'on peut ajouter qu'il a presque le devoir de le condamner, puisque, ce faisant, il obéit à la légalité et accomplit un décret divin. Là est son excuse dans la condamnation d'un innocent.
(( C'est pourquoi, dit le Christ lui-même, celui qui me livre à toi est coupable d'un plus grand péché K » Les commentateurs interprètent généralement ce passage comme si Jésus disait : « d'un plus grand péché que toi », parce qu'ils ne soupçonnent pas que Pilate puisse être entièrement excusé de faute. La parole de Jésus pourrait néanmoins signifier : « A cause de cela », à raison même du pouvoir qui t'est donné de me condamner à mort, « le péché de celui qui me livre à toi est plus grand » qu'il ne serait si tu n'avais pas ce pouvoir-. Cette explication qui paraît moins satisfaisante au point de vue de l'histoire ou à celui d'une certaine théologie, l'est peut-être davantage au point de vue johannique. Mais, pour la bien entendre, il faut savoir qui a livré Jésus. C'est, ,dit-on, le sanhédrin 3, ou bien le grand-prêtre, en tant que représentant de cette assemblée 4. A la première opinion l'on peut objecter que le texte désigne clairement un individu, non une assemblée; à la seconde, que ce sont « les Juifs », et non le grand-prêtre, qui ont amené le Christ à Pilate; Caïphe n'a pas joué de rôle particulier dans l'accusation, et il est bien invraisemblable que l'évangéliste fasse allusion au conseil donné par le grand-prêtre dans l'assemblée du sanhédrin qui s'est tenue après la résurrection de Lazare ^. Partout ailleurs « celui qui a livré » Jésus est Judas *^; et derrière Judas l'on entrevoit Satan. Il est vrai que si l'on veut prendre les termes à la rigueur. Judas n'a pas livré Jésus à Pilate ; mais c'est bien par son fait que la chose est arrivée; et si l'on remonte à l'auteur principal, c'est Satan qui, par Judas en premier lieu et principalement, par Caïphe et le sanhédrin ensuite, a livré Jésus au procurateur. Or Satan n'avait pas le moindre droit sur le Christ; il a péché en combattant son œuvre de salut, mais combien plus en le livrant à la mort par la trahison de Judas et la dénonciation des Juifs !
1. V. Jl. Bià touTO ô 7:apa8ouç [xs aot [xst'Çova à[j.apTiav sysi.