‹ Le quatrième évangileChapitre 763 sur 857 · XVIII, 38; supr. p · texte numérisé non relu

XVIII, 38; supr. p

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A. LoisY. — Le quatrième Évangile. 55

l'accusé lui-même; le magistrat n'a plus qu'à laisser la légalité suivre son cours; le roi des Juifs périra. Les accusateurs se montrent plus zélés pour l'honneur et le droit de César que Pilate son représentant ; ils lui reprochent de n'être pas dévoué à l'empereur. Car les mots : « Tu n'es pas ami de César », ne semblent pas avoir d'autre portée et ne font pas allusion au titre officiel d'arnicas Caesaris qui était conféré parfois à de hauts fonctionnaires ^ Les Juifs ne rappellent pas Pilate au sentiment de son intérêt personnel, comme s'ils le menaçaient d'une dénonciation auprès de Tibère, peu disposé à l'indulg-ence pour le crimen majestatis, et comme si une telle menace ne pouvait manquer d'agir sur un homme dont l'administration prêtait à la critique sur d'autres points Toutes ces conjectures, dont Renan s'est fort habilement servi dans sa Vie de Jésus ^, peuvent être fondées en histoire, elles sont étrangères à notre Evangile.

La condamnation de Jésus est maintenant inévitable, et Ton peut croire qu'elle est prononcée en ce moment, quoique Tévangéliste, de propos délibéré, se taise sur ce point. En tout cas, Pilate cède à la nécessité de sa situation. Qu'il ait agi par faiblesse ou par calcul politique, Jean ne le dit pas, il ne le donne pas même à entendre, et cette façon de penser n'est pas tellement extraordinaire qu'elle ne soit déjà dans les Synoptiques. Dans la réalité, Pilate s'est trouvé pris entre l'acharnement de l'accusation et l'aveu de l'accusé, sans avoir assez de discernement pour démêler à fond l'équivoque de cette accusation et de cet aveu ; en tant que païen et connaissant les Juifs, il attachait peu d'importance à la cause ; il a bieu vu que les prétentions de Jésus ne menaçaient pas la domination romaine ; et il n'a pas même songé que la justice l'obligeait 'à épargner un innocent. Pour lui, Jésus n'était pas tout à fait innocent , puisqu'on pouvait l'accuser d'agitation populaire et qu'il s'arrogeait un titre que la légalité réprouvait. La condamnation devait suivre l'accusation ; mais l'exécution ne semblait pas nécessaire : de là l'incident de Barabbas. La grâce de Jésus ayant été refusée, Pihite ne s'opposa plus à l'exécution.

L'auteur du quatrième Evangile a voulu clore le procès par une scène tragique. Pilate rentre une dernière fois dans le prétoire, fait

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