‹ Le quatrième évangileChapitre 766 sur 857 · Comme Buandï, 303-304. Cf. supr. p. G · texte numérisé non relu

Comme Buandï, 303-304. Cf. supr. p. G

LE CHRIST ET PILATE

gile, la liberté avec laquelle son auteur transpose d'ordinaire les données synoptiques, l'intention qu'il a visiblement d'établir un parallèle entre la mort de Jésus et le sacrifice de l'ag^neau pascal, invitent à penser qu'il a pour point de départ la date synoptique, quelle que soit la valeur de cette dernière, et qu'il l'a modifiée sans autre raison que l'intérêt didactique du symbolisme. Le moment indiqué pour la conclusion du procès devant Pilate se trouve aussi en contradiction avec Marc, où le crucifiement a lieu vers la troisième heure. Il va sans dire que les concordistes se sont efforcés de montrer que la troisième heure de Marc et la sixième de Jean désignaient le même instant du jour, par exemple dix heures et demie ^, à moins qu'on ne sacrifie la donnée de Marc à celle de Jean ^. Toutes les deux sont approximatives ; mais on ne peut faire que vers neuf heures et vers midi sig'nifient le même temps de la journée. Là encore l'indication de la Synopse sert de point de départ à la transposition johannique : d'un côté comme de l'autre, la passion dure environ six heures ; mais tandis que, dans les Synoptiques, Jésus expire vers trois heures de FajDrès-midi, il meurt, selon Jean, vers le soir, à l'heure où, d'après la Loi, on doit immoler l'ag'neau pascal ; au lieu de s'accomplir entre neuf heures du matin et trois heures du soir, la passion a lieu entre midi et six heures. Le choix de la sixième heure, étant subordonné à celui de l'heure que le symbolisme du récit assig-ne à la mort de Jésus, peut n'avoir pas de signification particulière ; encore est-il que la sixième heure, dans le quatrième Evangile, est le temps de la fatigue et de la souffrance"^, la septième étant, au contraire, une heure de succès et de bonheur ^.

D'après les commentateurs, Pilate formulerait la condamnation de Jésus dans une ironie où il entrerait beaucoup de colère^, en disant : « Voici votre roi », et en répétant : (< Crucifierai-je votre

\. Hengstenberg, ap. B. Weiss, 590.

2. Comme B. Weiss, loc. cit. D'autres veulent que Jean ait compté les heures à la romaine. Ce n'est pas l'habitude de l'évangéliste, et comment mettre le procès entre « le matin » (xviii, 28) et six heures du matin ?

Page 1