‹ Le quatrième évangileChapitre 771 sur 857 · H01-TZMANN · texte numérisé non relu

H01-TZMANN

Dans les Synoptiques ^, les assistants, et les prêtres eux-mêmes, en font un thème de dérision pour le supplicié. Ici, parce que Févangéliste y voit leur propre sentence, ils l'interprètent comme injurieux à la nation, d'autant qu'il était rédigé en trois langues, hébreu, latin et grec, pour être compris de tous. Les trois langues signifient visiblement la royauté universelle du Christ. Cette inscription trilingue est conçue d'après Tanalogie des décrets publiés en plusieurs langues par Tautorité romaine; mais il ne s'ensuit pas que le détail soit historique. L'intention symbolique suffît à l'expliquer. Ce qui est dit du grand nombre des Juifs qui lurent l'écriteau, et même la mention des prêtres sont empruntés aux Synoptiques ^ ; seulement les Juifs, au lieu de se moquer de Jésus à propos de l'écriteau, croient que l'écriteau se moque d'eux, et les chefs des prêtres demandent à Pilate d'en modifier le texte.

L'adaptation de la donnée synoptique au cadre johannique ne se fait pas naturellement. Les prêtres parlent comme si Pilate venait seulement de rédiger l'inscription et qu'il fût possible d'en corriger la teneur avant de mettre l'écriteau en place, tandis que ce qui est dit du scandale produit fait supposer que l'écriteau était déjà en haut de la croix et qu'il y était depuis assez longtemps quand les prêtres se plaignirent. Cette incohérence du récit, qui serait une contradiction s'il s'agissait d'histoire, est sans portée dans un tableau symbolique. Les prêtres demandent que l'on retouche le texte de l'inscription, de façon à faire entendre que Jésus s'est dit le roi des Juifs. En réalité, l'écriteau ne signifiait pas autre chose, et Pilate, les prêtres, tous les témoins oculaires le comprirent aussi. Mais Jean veut l'entendre autrement ; c'est pourquoi il ménage la protestation des Juifs, afin de leur faire répondre par Pilate que l'écriteau restera comme il est. Il n'est pas vrai que le gouverneur se venge par une pointe ironique d'avoir tant cédé aux Juils ou qu'il ait scrupule d'attribuer à Jésus une prétention qui ne serait pas prouvée ^. Son écriteau était libellé selon la coutume, et, comme magistrat, il n'avait pas le droit d'y rien changer ; l'écriteau dit pourquoi Jésus a été condamné, il n'est pas fait pour exprimer ce que les Juifs

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