HoLTZMANN, 216 (après Schwalb et O Iloitzmann
LE QUATKIÈME ÉVANGILE
Salomé, ni que Salomé soit la mère du disciple préféré ; de plus, s'il y avait quatre femmes, une particule copulative devrait, dans le grec, être jointe au nom de Marie de dopas. Gomme il est peu probable que Térangéliste ait voulu réduire à deux femmes le groupe nombreux dont parlent les Synoptiques et désigner par son nom la mère de Jésus, qu'il n'a pas nommée dans le récit des noces de Gana, la seconde hypothèse paraît devoir être soutenue.
Il est, dit-on, invraisemblable que deux sœurs aient porté le même nom : mais la mère de Jésus est anonyme dans le quatrième Evangile, et il n'est pas sûr que le lien de parenté que l'auteur établit entre elle et Marie de Glopas soit fondé en réalité. La mère de Jésus et le disciple ont seuls un rôle dans la scène qui va être décrite ; les deux autres personnages sont là pour établir la relation avec les premiers Evangiles. En supposant à tort que Glopas est le même nom qu'Alphée ~, on a pu identifier Marie de Glopas à Marie mère de Jacques, qui est associée à Marie de Magdala dans les Synoptiques, afin de voir dans cette Marie, femme d'Alphée-Glopas, la mère des personnages qui sont dits « frères du Seigneur », et dont deux auraient été apôtres. Mais toutes ces hypothèses manquent de base, et il n'est pas certain que « Marie de Glopas » soit femme et non fille du Glopas dont il s'agit. Il est d'ailleurs inutile de discuter ces conjectures des commentateurs. Pour le symbolisme de récit, Marie de Glopas se confond plus ou moins avec la mère de Jésus, et l'on peut se demander si le degré de parenté qui la rattache à celle-ci a une autre signification ; le rôle que Marie de Magdala jouera dans le récit de la résurrection invite à la rapprocher plutôt du disciple bien-aimé.
On sait que les Synoptiques ne signalent pas la mère de Jésus dans le groupe des femmes galiléennes qui assistèrent à la passion et à la sépulture du Sauveur, et que, d'après les trois premiers Evangiles, ce groupe regardait de loin ^ le supplice du Ghrist. Toutefois Luc parle, en général, des « connaissances » de Jésus et, dès le commencement des Actes, il montre Marie vivant
1. Marc, xv, 40-41; Mattii. xxvii, o5-36 ; I.ug,xxhi, 49. Cette difficulté pourtant n'est pas considérable, et les deux sœurs, les deux Mario, pourraient fort bien fig-urer les deux éléments de TEglise, Juifs et païens convertis.