‹ Le quatrième évangileChapitre 78 sur 857 · Opinions précitées · texte numérisé non relu

Opinions précitées

6. Klee, Meyer, etc., qui trouvent dans le prologue un essai de vraie gnose.

LÉ QUAT^niÈME ÉVANGlLÉ:

pour la pr*ômière Epître de Jean, qui combat le docétisme, dont rEvatl=» gile ne semble pas se défier. Si l'auteur n'a pas réfuté Ta gnose, et s'il a même pu être facilement exploité par les docteurs gnostiques, qui procèdent de lui aussi bien que les théologiens ecclésiastiques du second siècle, quoique moins légitimement, il n'a pas davantage combattu la conception judéochrétienne ou ébionite du Christ \ si ce n'est en tant que cette conception se confond avec l'idée juive du Messie; mais ce sont les Juifs que l'auteur a en vue; quant aux chrétiens, quels qu'ils soient, le but de l'auteur est de les instruire, non de les excommunier. Tandis qu'il apprend aux fidèles à voir en Jésus le Verbe fait chair, le Dieu incarné, il prouve contre les Juifs que tel devait être le Messie. De là l'importance que prend dans les discours du Sauveur la controverse christologique. Pour voir dans ce trait une marque d'historicité^, il faut oublier que la question messianique n'a pu se poser et ne s'est posée en ces termes qu'après saint Paul, et que Jésus n'a discuté, sous une tout autre^ forme, sa qualité de Messie avec les Juifs que dans les derniers jours de son existence terrestre, après son entrée triomphale à Jérusalem.

Il n'est pas nécessaire d'examiner l'opinion, commune autrefois et très répandue encore parmi les exégètes traditionalistes, d'après laquelle l'évangéliste aurait écrit pour compléter les Synoptiques ^. Même l'opinion atténuée qui suppose que Jean complète historiquement les Synoptiques, sans avoir écrit précisément dans cette intention n'est pas soutenable. Le quatrième Évangile a un tout autre objet que les Synoptiques; il ne les complète pas comme un document historique en complète un autre de même ordre, mais comme un document théologique peut compléter un document historique, en en facilitant et développant l'interprétation religieuse. De même, ceux qui soutiennent que Jean a voulu réunir tous les groupes chrétiens dans la foi au Logos ^, introduire, en la modérant, la gnose dans l'Église ^, allier Philon et la philosophie judéo-alexandrine à la tradition chrétienne, opposer une gnose orthodoxe à la gnose hérétique donner une explication chrétienne de la théorie spéculative du Logos ^, confondent les résultats acquis dans le livre même, ou réalisés dans l'Église par son influence, avec l'intention et le but de l'auteur. Ces résultats ont été considérables; mais pour qu'ils fussent obtenus, il n'a

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