IIoLTZMANN, 218; B. Weiss
LE COUP DE LANCE
soldats» peuvent être ceux qui ont été désignés spécialement pour le nouveau supplice, et il est vrai aussi que l'on pourrait dire des premiers qu'ils (( viennent », c'est-à-dire qu'ils s'approchent des croix pour Texécution de leur nouveau mandat. On ne voit pas où est Pilate quand il admet la requête des Juifs. Le texte permettrait de croire que tout se passe sur le Calvaire. L'espèce d'incohérence qui se remarque dans le récit à propos des soldats résulte simplement de ce que cet épisode du crurif ragium a été introduit, sans autre précaution, dans le cadre traditionnel de la passion, où il n'avait pas de place.
Comme il était naturel, l'exécution commence par les deux crucifiés qui étaient à droite et à gauche du Sauveur. Venant ^ à Jésus, les soldats s'aperçoivent qu'il est déjà mort. Inutile de se demander à quel signe ils le reconnurent et s'ils pouvaient s'y tromper, puisque l'un d'eux, pour plus de sûreté, perce de sa lance le côté du Christ. Etait-ce le côté droit ou le côté gauche? L'évangéliste ne le dit pas plus que le narrateur iahviste de la Genèse ne dit de quel côté du premier homme fut prise la première femme. Mais les commentateurs veulent en savoir plus long, comme s'ils tenaient à détourner leur esprit de ce que l'auteur s'est proposé de leur faire entendre : les uns se prononcent pour le côté droit 2, qui est indiqué dans les évangiles apocryphes ^ ; les autres préfèrent le côté gauche, qui était plus facile à atteindre pour le soldat se présentant devant la croix ^. Ce qu'il importe le plus de remanjuer est le désaccord de cette donnée avec ce que les Synoptiques racontent du centurion constatant la mort de Jésus aussitôt qu'elle s'est produite et faisant incontinent son rapport à Pilate ^. L'auteur ne songe qu'à l'accomplissement des prophéties qu'il va citer et à l'enseignement symbolique qui se dégage du fait et des prophéties.
Dès que le soldat eut percé le côté du Christ, il en sortit du sang et de l'eau ^. Nouveaux efforts des commentateurs, même catho-
\. V. 33. im h\ xôv 'Ir^TOJv IXGovxsç. On voit qu'il ne faut pas trop presser le sens de y]X6ov dans le verset précédent.