HOLTZMANN
8. T. Zahn, Einleilung, II, 474, L'emploi de sx.sivo; dans 1 Jean, n, 6; m, 5, 16; IV, 17, pour désigner le Christ, se justifie parle contexte. Il n'en est pas de même ici.
que le texte ne réclame pas ce dédoublement du témoignage, et qu'il est arbitraire de l'introduire ici, en alléguant les endroits de l'Evangile où l'on argumente sur les passages de la Loi concernant l'insuffisance juridique d'un seul témoin Celui qui <( sait qu'il dit la vérité » ne peut pas être une tierce personne sachant que l'évangéliste dit vrai, surtout si la personne en question n'est plus de ce monde, une telle garantie étant nulle pour le lecteur. Enfin la personnalité de ce garant, si c'est un apôtre ou Jésus lui-même, devrait être nettement marquée. La façon la plus naturelle d'entendre ce passage est évidemment de prendre pour un seul et même individu « celui qui a vu » et « celui qui sait qu'il dit la vérité ». L'emploi de la troisième personne est purement emphatique et n'invite pas à supposer que l'auteur cite un autre témoin que lui-même. La proposition subordonnée : « afin que vous croyiez », peut dépendre de : « celui qui l'a vu en a rendu témoignage » ; mais elle se rattache plus naturellement à : « lui sait qu'il dit la vérité », ou bien elle dépend à la fois de l'une et de l'autre proposition; quoi qu'il en soit, celui qui sollicite la foi du lecteur ne peut être que l'évangéliste, et il paraît impossible d'admettre que ce n'est pas lui qui rend témoignage -et qui dit la vérité à cette fin.
Ce témoignage a pour objet direct le phénomène miraculeux qui a suivi le coup de lance, avec l'accompagnement de circonstances qui réalisent les prophéties et qui désignent Jésus comme le véritable agneau pascal, l'agneau de Dieu, la pâque perpétuelle du chrétien. On le proclame « véritable » au sens johannique du mot, non pas précisément en tant que vrai en soi, et sincère par rapport à celui qui le donne mais au sens où le Christ est dit le vrai pain du ciel, la vraie vigne, c'est-à-dire en tant que le témoignage est transcendant, qu'il s'applique au sens spirituel des choses^ et non seulement au fait matériel. C'est par rapport au symbole et à son