Ex. XII
LE COUP DE LAiNCE
Le passage de Zacharie ^ est allégué, dans le premier Évangile et dans l'Apocalypse \ comme ayant trait à la parousie. Dans l'hébreu, le coup de lance est donné à lahvé lui-même, sans doute en la personne de son représentant : mais le texte paraît fautif et notre citation doit correspondre à l'original Il y était dit que les Juifs regarderaient avec douleur celui qu'ils avaient mis à mort, quelque personnage, prince ou prophète, qui avait péri par la main de ses compatriotes ^. Selon les citations de Matthieu et de l'Apocalypse, les Juifs doivent voir, pour leur confusion, le retour de Jésus qu'ils ont tué. Dans notre passage, ce sont encore les Juifs qui voient, non le soldat qui a donné le coup de lance : la responsabilité de ce coup, aussi bien que celle du crucifiement, incombe tout entière aux Juifs. Mais il semble que l'évangéliste fasse une double et peut-être triple application de la prophétie : il l'entend d'abord littéralement, selon sa façon de comprendre le sens littéral, du fait matériel, les Juifs regardant sur sa croix le Sauveur percé par la lance du soldat. Ce sens toutefois n'exclut pas celui qu'on trouve dans l'Apocalypse, il en est le symbole, et Jean ne serait plus lui-même s'il se bornait à la première application. Il faut encore ajouter que le triomphe du Christ dans sa résurrection et dans son Eglise, étant associé, dans la perspective johannique, à la parousie, est censé devoir contribuer aussi à la confusion des bourreaux. La traduction : « Ils verront qui ils ont percé », n'est pas grammaticalement exacte ^ , bien qu'elle ne s'éloigne pas beaucoup du sens véritable. Rien n'est plus contraire à l'esprit du quatrième Evangile que de trouver ici l'annonce de la conversion des Juifs ^ : ceux qui voient le Christ percé sont ceux qui ont crié : « Nous n'avons pas d'autre roi que César ^ » ; ils représentent le judaïsme incrédule et réprouvé.