Lûcke, de Wette, ap. B. Weiss, loc. cit
3. B. Weiss, loc. cit. ; cf. Scmanz, 565. S'il fallait discuter ces textes au point de vue historique, on pourrait supposer que les soldats chargés du crurifragium avaient d'abord abattu les croix, les coups de masse ne pouvant guère être donnés sur les croix debout (Brandt, 280).
LA SÉPULTURE
regarde les deux autres crucifiés ; quant à la façon de concilier cet ordre avec cette permission, il n'en a cure et n'a pas pris la peine de l'imaginer. Il n'y a pas lieu de suppléer maintenant à sa négligence.
Nicodème s'est joint à Joseph d'Arimathée, et il n'est pas venu les mains vides : il apporte cent livres de myrrhe et d'aloès mélangés. La quantité, sans doute, est considérable, mais c'est pour mettre en relief l'honneur fait au Christ : Judas s'était scandalisé qu'on employât une livre de parfum pour Jésus vivant et voici qu'on apporte cent livres à son cadavre! Joseph et Nicodème prennent donc le corps et l'ensevelissent à la juive, en l'enveloppant de bandes sous lesquelles et entre lesquelles étaient assujettis les parfums. Il est douteux que l'auteur, parlant de la coutume juive, l'oppose implicitement à la coutume des Egyptiens , qui retiraient les entrailles et le cerveau pour embaumer les cadavres 2. N'applique-t-il pas à la sépulture de Jésus la coutume juive telle qu'il la connaît et l'a déjà décrite à propos de Lazare ^ ?
Les exégètes concordistes sont fort embarrassés de ces détails, parce que, dans les Synoptiques, il n'est parlé que du linceul acheté par Joseph : celui-ci n'a pas le temps d'embaumer Jésus, et les femmes se proposent de le faire après le sabbat ^. Jean ne s'inquiète pas du temps qu'il a fallu pour ajuster cent livres de parfums autour d'un cadavre avec des bandes de toile, et les concordistes n'ont pas l'air d'y penser plus que lui. Ils tâchent seulement de trouver que les bandes et le suaire de Jean sont le linceul des Synoptiques, et que les cent livres de parfum ne sont que les modestes préliminaires de l'embaumement qui doit être achevé par les femmes ^. Ici la contradiction saute aux yeux, et les essais de conciliation sont tout à fait ridicules. Si les choses se sont passées comme le dit Jean, elles ne se sont pas passées comme disent les Synoptiques ; et si les Synoptiques représentent sur ce point une tradition autorisée, Jean représente une tradition fautive, à moins qu'il ne représente aucune tradition. Cette dernière hypothèse est la plus vraisem-