‹ Le quatrième évangileChapitre 808 sur 857 · SciiANz, 572. Knabenbauer · texte numérisé non relu

SciiANz, 572. Knabenbauer

chère présence. Marie ne songe pas à vérifier la réalité de l'apparition ou l'identité du Sauveur, qui ne font pas pour elle le moindre doute. Elle est toute à la joie de son Maître retrouvé. Son illusion a été de ne pas le reconnaître d'abord, mais elle est sûre maintenant de ce qu'elle voit.

Cependant Jésus l'arrête en disant : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père K » C'est le contraire de ce qui se passe dans Matthieu où les femmes embrassent les pieds du Ressuscité. La raison donnée par le Christ n'a pas satisfait la plupart des commentateurs, et ceux-ci, croyant l'expliquer, en ont proposé d'autres : inutilité de l'attouchement pour la foi, c'est l'hypothèse favorite des anciens ; inconvenance de cette familiarité, impureté du cadavre, inconsistance du corps ressuscité ^, volonté de signifier que les anciennes relations ont fini avec la mort du Christ, et que de nouvelles relations, toutes spirituelles, sont inaugurées par la résurrection ^, ce sont les conjectures des modernes.

1. V. 17. [i.r| [J.OU otTixou, ouTiw yàp àva6é5rixa r.pot; lôv Tzaxipa,. D'après s. Ephrem [Evang. concordantis expositio, Mosinger, 268), ces paroles auraient été adressées par le Christ à sa mère. Il paraît certain que le Diatessaronde Tatien, que commente Ephrem, racontait de Marie, mère de Jésus, ce que le quatrième Évangile raconte de Marie de Magdala. Cf. Rohrbach, Die Berichte ûher die Auferstehung J. C. (1898), p. 69. Harnack [Theologische Literaturzeilung, 1899, p. 176) a signalé, dans un traité faussement attribué a s. Justin [Quaest, et resp ad orthodoxes, q. 48) ce passage curieux : « Pourquoi le Seigneur a-t-il dit à sa mère Marie, après sa résurrection : Ne me touche pas ? » Ce traité, composé à Antioche, dans la seconde moitié du iv^ siècle, ne dépend pas d'Ephrem, mais doit dépendre comme lui du Diatessaron. Marie aurait douté de la résurrection ; et Ephrem voyait en cette circonstance Faccomplissement de la parole de Siméon (Luc, ii, 35) : u Un glaive transpercera ton âme. » Sur ce glaive du doute, cf. Origène, In Luc. hom. XVII. La donnée de Tatien est singulière. Vient-elle de méprise ou de tradition ? Le récit actuel de Jean, avec les deux paroles : « Marie — Maître », réclame Marie de Magdala ; mais on pourrait presque se demander si Févangéliste, qui amène la mère du Christ au pied de la croix, ne lui avait pas assigné un rôle dans les récits de la résurrection. Toutefois le rôle de la mère semble fini au Golgotha, et il est plus probable que Tatien s'est trompé, ou qu'il aura interprété Jean par quelque tradition apocryphe.

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