‹ Le quatrième évangileChapitre 81 sur 857 · JuLicHER, Einleitung in das N. T · texte numérisé non relu

JuLicHER, Einleitung in das N. T

A. LoisY. — Le quatrième Évangile, 7

quelque façon, que l'idée du Logos n'était pas de tradition évangélique et qu'elle tenait, au moins par un côté, à la philosophie hellénique.

L'enseig"nement de l'Evangile n'en est pas moins pénétré, d'un bout à l'autre, par la conception christologique dont le prologue contient la définition expresse. Le Christ est lumière et vie dans l'Évangile, comme le Verbe l'est dans le prologue ; l'identité du Christ avec le Verbe apparaît en ce que Jésus dit de sa préexistence, qui est la présence éternelle du Verbe auprès de Dieu ; tout ce qui est dit de celui qui est d'en haut, qui est descendu du ciel, est à expliquer par la théologie de l'incarnation; la préexistence est conçue, à la manière juive, comme se rapportant à la personne du Christ \ mais c'est la conscience personnelle du Verbe qui se continue dans le Christ, en sorte que Jésus peut parler de la gloire dont il a joui auprès du Père, avant la constitution du monde ^. C'est parce que le Christ johannique est le Verbe divin qu'il est omniscient et omnipotent. Il apporte sur la terre sa prescience divine, .et il connaît tout à l'avance, les événements et les dispositions des hommes; il sait les prophéties et les accomplit en temps opportun ; s'il fait des questions et semble parfois apprendre quelque chose, ce manque de logique est indispensable pour que ses relations avec les hommes gardent la forme humaine et les conditions de la réalité; les prophéties apocalyptiques de Jésus dans les premiers Evangiles sont bien loin de ce Christ qui parle des choses célestes en témoin ocul^aire, comme les connaissant de source et de toute éternité ^. Dans ses œuvres, il est une théophanie, une perpétuelle manifestation de Dieu, et il n'est ainsi qu'en sa qualité de Verbe divin. Son humanité sert à la révélation sensible de sa divinité; elle sert aussi à rattacher la théologie johannique à l'apparition historique de Jésus; grâce à ce côté humain du Christ johannique, le quatrième Evangile ressemble assez aux Synoptiques pour qu'on ait pu le joindre à eux. Les observations précédentes et tout ce qu'on a remarqué touchant le caractère du quatrième Evangile prouvent suffisamment que la théologie de l'incarnation est la clef du livre tout entier et qu'elle le domine depuis la première ligne jusqu'à la dernière.

L'idée du Logos suppose une conception métaphysique de la Divinité. Il y a une connaissance johannique de Dieu, qui est un élément de la vie éternelle L'objet de cette connaissance est « le seul vrai Dieu », vrai non seulement par rapport aux dieux du paganisme, mais par rapport- au

1. HoLTZMANN, Ncut. Tlieologic, II, 403. On n'a fait ici que résumer, sur beaucoup de points, la remarquable analyse de M. Holtzrnann.

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