Luc, XXIV
4. Jean suhstitue, comme plus importante, la mention du côté à celle des pieds ; on ne doit probablement pas en conclure qu'il ne supposait pas les pieds cloués. Noter cependant que l'Évangile de Pierre ne parle de clous que pour les mains; les pieds auraient été liés.
5. L'opinion commune des anciens interprètes est (juc le Sauveur a passé à travers les portes fermées. « Nec, antequam Calvinus haereticus factus esset, unquam venerat in mentem, aliter intelligere Christum quam per fores ipsas clausas, ad discipulos ingressum fuisse, quemadmodum et ex matre clauso exiisset utero, et ex sepulcro nondum revoluto evasisset lapide. » Maldonat, II,* 974. Il est vrai que l'interprétation de Calvin, qui fait ouvrir la porte par le Christ est tout à fait contraire à la pensée de l'évangéliste. Mais on n'a pas
de même. L'évang-éliste n'entend pas expliquer l'inexplicable, mais représenter la vision qui a frappé les sens des disciples. Ceux-ci, préparés comme ils Tétaient à cette rencontre, n'éprouvent pas le moindre sentiment de terreur; ils ne s'imaginent pas, comme dans les Synoptiques *, voir un fantôme, et ils ne craignent pas d'être dupes d'une illusion ; ils sont tout à la joie de voir le Seigneur, et, sans y penser, ils accomplissent la prophétie que Jésus leur a faite, trois jours auparavant, en leur annonçant que la joie suivrait de près leur douleur
Cependant Jésus répète le salut : « Paix à vous », comme pour en marquer la haute signification, et parce qu'il va la développer. Cette apparition du Sauveur est la principale, celle qui fonde la foi de l'Eglise et l'Eglise elle-même, celle qui résume la tradition apostolique touchant la résurrection et y associe le souvenir de la Pentecôte : le colloque avec Marie de Magdala n'en est que le préliminaire, et l'apparition provoquée par Thomas n'en est que le supplément. « De même que mon Père m'a envoyé, ainsi je vous envoie ^ », dit le Christ, se faisant écho à lui-même ^, dans cet Evangile, aussi bien qu'aux paroles solennelles qu'il prononce dans Matthieu ^. Il n'a pas besoin de dire qu'il envoie ses apôtres à tout l'univers, parce que sa propre mission a toujours été conçue et présentée comme universelle, depuis le prologue jusqu'à cette conclusion. Et les apôtres entrent tout de suite dans l'exercice de leur mission par le don du Saint-Esprit. Comme le Créateur a soufflé sur le premier homme, afin de lui communiquer la vie naturelle ^, le Christ glorifié souffle sur ses apôtres, pour leur communiquer le don de vie éternelle qu'ils doivent transmettre à toutes les âmes de bonne
plus de raison de faire passer le Christ à travers les portes qu'à travers les murs; il devient présent au milieu des siens sans qu'on puisse dire où il a passé, sans avoir passé nulle part.