B. Weiss
3. C'est l'impression que donnent les Actes, les Epîtres apostoliques, les écrits des anciens Pères.
sion des péchés, a pensé surtout au baptême, et, parlant de ceux à qui les péchés seraient retenus, il a pensé aux mauvais chrétiens que l'Église rejetait pour toujours de son sein, non moins qu'aux convertis suspects à qui elle refusait le baptême ; on peut douter qu'il ait songé à une catégorie de fidèles, provisoirement exclus de la communauté pour leurs péchés, et capables d'y rentrer après pénitence; mais le principe qu'il a établi est susceptible d'applications plus variées et plus larges que celles qu'il a pu en faire lui-même, ou dont il a été témoin.
Quoi qu'il en soit, les paroles du Christ sont, à proprement parler, Tinstitution positive de l'Eglise, dans le quatrième Evangile, comme les discours analogues du Sauveur ressuscité, dans les Synoptiques. Le choix de l'auteur n'est pas à expliquer seulement par le souci d'amener en cet endroit une formule conforme à la tradition 1, mais bien plutôt parce que Jean ne se désintéresse pas de la réalité, et que la rémission des péchés lui a paru être l'expression la plus caractéristique du pouvoir spirituel transmis par le Christ à ses apôtres, c'est-à-dire à son Eglise. N'a-t-il pas, dans le récit du lavement des pieds, présenté comme une purification à deux degrés l'économie sacramentelle du christianisme? Il parle ici sans figure, soit parce que cette façon de parler convient au Christ glorifié, soit parce que l'importance particulière du sujet le demande.
XX, 24. Thomas, Tun des Douze, appelé Didyme, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. 25. Les autres disciples lui dirent : « Nous avons vu le Seigneur. » Et il leur dit : « Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, si je ne mets mon doigt à la place des clous, et si je n& mets ma main dans son côté, je ne croirai pas. » 26. Ethuit jours après, le& disciples étaient encore dans (le même lieu), et Thomas avec eux. Jésus, vint, les portes fermées, et se tint au milieu (d'eux), et il dit : « Paix à vous ! » 27. Puis il dit à Thomas : « Porte ton doigt ici et regarde mes mains ; approche ta main et mets-la dans mon côté; et ne sois pas incrédule, mais fidèle. » 28. Thomas répondit et lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m'as vu, tu as cru? Heureux ceux qui,, n'ayant pas vu, ont cru! »
Contrairement.au récit parallèle de Luc-, et même à l'impressioni
1. (( Nouvelle concession au langage traditionnel des chrétiens ». J. Réville,,