‹ Le quatrième évangileChapitre 820 sur 857 · B. Weiss, loc. cil · texte numérisé non relu

B. Weiss, loc. cil

quelque façon, dans la personne de l'apôtre sceptique. Au point de vue de l'histoire, Thomas représente tous les disciples qui ont hésité avant de croire à la résurrection du Sauveur ; au point de vue symbolique et didactique, il est le type de ceux qui ne veulent croire que sur le témoig-nage matériel des miracles. Thomas étant le doute personnifié, il est superflu de vouloir atténuer sa faute en disant qu'il ne doute pas du fait, mais plutôt de sa nature, et du témoignagne qui en est rendu. Si l'on pouvait considérer les paroles du Didyme comme l'expression historique de ses sentiments, on devrait dire qu'il a perdu tout courage et toute espérance \ tandis que les autres sont dans la pleine sécurité de la foi et la parfaite conscience de leur mission ; mais Thomas lui-même se regarde encore comme apôtre de Jésus, puisqu'il reste associé au groupe des disciples, et l'on ne doit pas raisonner sur les détails de cet incident comme s'ils étaient réels.

Huit jours après, les disciples étaient encore assemblés dans le lieu où Jésus leur était apparu, et cette fois Thomas se trouvait avec eux. Ces huit jours ne font probablement qu'une semaine, la seconde apparition du Christ ayant lieu le dimanche qui suit la première ^. Le huitième jour marque un recommencement : il est le huitième par rapport à la semaine précédente et le premier par rapport à celle qui s'ouvre. Ce sont les premiers dimanches de l'Eglise, non que les apôtres aient eu déjà l'idée de commémorer la résurrection par une assemblée hebdomadaire le premier jour de la semaine mais parce que l'évangéliste veut figurer cette institution. A ces premières réunions de ses fidèles, le Christ a été visiblement présent : le jour de sa résurrection, pour inaugurer le règne de l'Esprit ; le second dimanche, pour enseigner aux disciples que ce règne de l'Esprit doit être le règne de la foi. Dorénavant, il sera toujours au milieu des siens dans leurs assemblées que couronnera le repas eucharistique ; mais il y sera conformément à l'économie qu'il a établie et enseignée dans les deux premières; il sera présent à la manière d'un esprit sans être visible, et cette présence, bien que très réelle, ne se recommandera qu'à la foi. On voit com-

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