‹ Le quatrième évangileChapitre 821 sur 857 · Cf. VI, 63; supr. p · texte numérisé non relu

Cf. VI, 63; supr. p

LE CHRIST RESSUSCITÉ

ment l'auteur raconte la vie de TÉg-lise en racontant l'Évangile, et comment, dans sa pensée, la cène eucharistique et la résurrection sont étroitement associées.

La seconde apparition se produit dans les mêmes conditions que la première. Les disciples sont réunis, portes fermées, comme on doit s'imag-iner les premières communautés chrétiennes dans leurs assemblées eucharistiques. Jésus apparaît au milieu d'eux et leur donne la salutation : « Paix à vous. » Mais il vient spécialement pour Thomas, dont il connaît les dispositions, afin de guérir son incrédulité. Les paroles qu'il lui adresse sont divinement ironiques ; il condescend à l'examen réclamé par l'apôtre dans l'orgueil de sa courte raison, et il s'offre comme sujet d'expérience, en répétant, pour confondre la présomption de son disciple, les termes dans lesquels celui-ci a formulé ses prétentions d'esprit fort. L'idée de cette vérification est d'ailleurs suggérée par le récit de Luc ^. « Porte ton doigt ici, et regarde mes mains » : pour les plaies des mains, Thomas peut voir et toucher, a Approche ta main et mels-la dans mon côté ^ » : pour la trace du coup de lance, il peut toucher et sentir, le Christ étant censé vêtu comme pendant sa vie mortelle, quoique son corps soit glorifié et spiritualisé. « Ne sois pas incrédule, mais fidèle ^ ». Bien qu'il n'eût pas cessé de croire en Jésus d'une certaine manière, Thomas était sur la pente de l'incrédulité, parce qu'il refusait de croire à la résurrection da Christ, la vrai foi, la foi salutaire étant celle qui a pour objet le Christ ressuscité. Ainsi Thomas n'était pas tout à fait incrédule, et il n'était pas non plus vraiment fidèle ; mais la vue de Jésus et ses paroles vont faire de -ce croyant incomplet la premier confesseur de la foi à la divinité du Christ.

Thomas répond au Sauveur par ces seuls mots : « Mon Seigneur et mon Dieu ^. » Il croit maintenant, parce qu'il a vu le Christ vivant, qu'il Fa entendu, qu'il a reçu de lui la leçon morale dont il avait besoin, non seulement parce c|ue Jésus lui a montré qu'il connaissait le fond de son cœur ■\ On ne dit pas que Thomas

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