S. (^ilirysostome, Maldonal, etc
LE CHRIST RESSUSCITÉ
du Christ et la vérité du christianisme. La doctrine a été exposée par le moyen des « signes » et des discours qui les accompagnent ; la vérité en est censée évidente pour les âmes sincères qui éprouvent comment la vie est dans la foi. Que l'évangéliste veuille déclarer inutile l'argument tiré des miracles, tout son livre et la conclusion même protestent contre une telle idée. Mais qu'il conçoive la preuve des miracles comme complétant la révélation du Verbe dans l'enseignement du Christ i, c'est ce qu'on ne peut affirmer qu'avec beaucoup de réserves, la preuve des miracles n'étant nullement indépendante de la révélation du Verbe, dont elle est un élément au même titre que les discours de Jésus. Il serait plus vrai de dire que le Christ johannique se révèle et se démontre par son enseignement et son action, lesquels, sous l'apparence de l'humanité, de la parole et du fait humain, signifient et transmettent la vérité divine dont les enfants de Dieu sentent en euxmêmes l'indiscutable certitude. La preuve des miracles n'aurait une valeur distincte que si l'auteur lui-même ne considérait pas les miracles comme le symbole des vérités spirituelles qui seules importent et réalisent l'œuvre vraiment divine du Verbe incarné.
Dès que l'on a vu en Jésus la révélation de Dieu, que l'on a reconnu le Père en lui, on comprend son nom et sa qualité de Fils, et l'on possède dans cette connaissance de foi un principe de vie éternelle. L'écrivain s'est donc proposé d'instruire la foi de ses premiers lecteurs, des chrétiens de son entourage, en leur révélant le sens profond des faits et de l'enseignement évangéliques ; il leur apprend en même temps l'éminente dignité, le rôle transcendant du Christ, et le caractère divin de la vie chrétienne ; et il ne fait pas que les leur apprendre, car il ne décrit pas de façon abstraite et philosophique ces hautes vérités ; il les sent et il les montre vivantes dans l'Evangile, de telle sorte que l'homme bien disposé peut les sentir aussitôt vivantes en lui-même. Son éducation chrétienne se fait à mesure qu'il voit la foi des disciples, fondée, au début de leur vocation, par leur rencontre avec le Sauveur, se fortifier dans les controverses avec les Juifs, s'éclairer dans les discours d'adieu, arriver à la perfection dans la mort et la résurrection de Jésus, devenir par la communication de l'Esprit une vie divine personnelle à chacun et commune à Dieu, au Christ, k tous ses fidèles. On