XXI
6. On allègue ordinairement les expressions : rpoiaç y.^o^iyrn (v. 4), Trpoaçayiov (v. 5), £;r£v8uTr)ç (v. 7), ToX[j.àv, â^età^eiv (v. 12), èyepOei; (v. 14). Qu'il y ait
d'où Ton a conclu que, pour cette partie, le rédacteur avait dû employer un document plus ancien, tandis que dans la suite, qui est tout entière de sa composition, il a gardé assez fidèlement le style de l'Evangile. Le défaut de symbolisme, moins sensible toutefois dans ce chapitre que dans la péricope de l'adultère, vient se joindre à tous les autres arguments pour rendre tout à fait vraisemblable l'hypothèse des critiques.
L'Evangile de Pierre raconte la pêche miraculeuse aussitôt après la résurrection du Christ et le départ des disciples pour leur pays *, et, dans notre récit même, certaines particularités font supposer que la source où on Ta puisé rapportait à cette circonstance la première apparition du Sauveur. Comme l'Evangile de Marc annonce pour le moins une apparition galiléenne, on a conjecturé que cette apparition n'était pas autre que celle dont parlent l'appendice de Jean et l'Evangile de Pierre, et qu'elle a été supprimée avec la finale primitive du second Evangile, parce qu'elle ne s'accordait pas avec la tradition représentée par Luc et le chapitre XX de Jean ; les presbytres d'Ephèse, tout en ayant fait peutêtre la suppression dans Marc, auraient trouvé moyen de conserver ce morceau en le rattachant tant bien que mal à leur Evangile préféré Cette hypothèse peut paraître compliquée ; dans l'ensemble, elle n'est pas dépourvue de probabilité. Elle est, en tout cas, préférable à celle qui fait dépendre de Luc le récit johannique ^. Le récit de la pêche miraculeuse est adventice dans le troisième Evangile ^ ; d'où qu'il vienne, on l'a transposé. Luc dépend, directement ou indirectement, de la source où a puisé le rédacteur du chapitre xxi de Jean ; et cette source, tradition orale ou docu-
aussi dans ce chapitre nombre de locutions johanniques, rien de plus naturel, le rédacteur ayant imité le style de l'Évangile.
1. On lit dans le fragment de cet Évangile, après l'apparition de l'ange aux femmes : « Or c'était le dernier jour des Azymes, et beaucoup s'en allaient, retournant chez eux, parce que la fête était finie. Et nous les douze (?) disciples du Seigneur, nous pleurions et nous étions très affligés; et chacun fort attristé de ce qui s'était passé, s'en retourna chez soi. Et moi Simon-Pierre, et André mon frère, prenant nos filets, nous allâmes à la mer; et il y avait avec nous Lévi fils d'Alphéc, que le Seigneur... » Le reste manque. Lévi fils d'Alphée est le |)ublicain (cf. Marc, ii, 44), que le premier Evangile appelle Matthieu.