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LA PÊCHE MIRACULEUSE
revenus chez eux, ils s'amusent à pêcher parce qu'ils n'ont rien à faire entre la résurrection et la Pentecôte ^ D'après Luc ~, les apôtres n'ont pas dû quitter Jérusalem avant la Pentecôte, et depuis lors ils sont absorbés par la prédication évang-élique. D'aj)rès Jean, ils sont, dès la première apparition, organisés en communauté, transformés en chefs d'Eglises, et la contradiction de notre récit avec le chapitre précédent, pour être moins apparente qu'avec le troisième Evangile et les Actes, ne laissé pas d'être encore plus profonde, Il paraît évident que le récit de la pêche miraculeuse est emprunté à la tradition, qu'on trouve plus ou moins modifiée dans Matthieu, et qui était primitivement celle de Marc, d'après laquelle les disciples, dispersés par la passion, retournaient dans leur pays avant de voir le Sauveur ressuscité, probablement même avant d'être instruits de la résurrection ^. On s'explique ainsi qu'ils aient repris leurs occupations ordinaires, et que les premières apparitions du Christ aient dû se produire en Galilée, comme l'affirment nettement les Evangiles de Marc et de Matthieu. La barque de Pierre est celle dont parlent les Synoptiques. Ce n'est pas en tant que chef des apôtres que Simon prend l'initiative de la pêche, mais en tant que propriétaire de la barque. Les disciples qui sont restés près de lui à Capharnaûm, ou qui sont venus l'y retrouver, l'accompagnent. Tous ont l'air désœuvrés, déconcertés par le co-up qui a frappé leur Maître et qui les a renvoyés chez eux. Ils ne sont rien moins que décidés à entreprendre la conversion du monde ; et pourtant le souvenir du passé les tourmente; ils ont l'esprit ailleurs qu'à la pêche des poissons.
Pierre et ses compagnons se sont embarqués le soir, afin de pêcher pendant la nuit, temps plus favorable que le jour pour cette besogne. Mais la nuit s'écoule sans que les pêcheurs prennent rien ; ils ont toute liberté de se remémorer leurs souvenirs et les espérances d'autrefois. Au lever du jour, quelqu'un les interpelle du rivage. C'était Jésus, dit l'évangéliste, mais ils ne s'en doutaient pas. Ici le texte n'éveille pas l'idée d'une sorte d'aveuglement providentiel, comme dans le cas des disciples d'Emmaiis et dans celui de Marie de Magdala. Tout à l'heure le disciple bien-aimé,