‹ Le quatrième évangileChapitre 832 sur 857 · Luc, V · texte numérisé non relu

Luc, V

8. La première allégorie est proposée par s. Cyrille ; la seconde a été soutenue par plusieurs modernes, notamment Ililgenfeld ; cf. Holtzmann, loc. cit.

LA PÊCHE MIRACULEUSE

représentait une tradition historique et n'était pas entendu symboliquement.

Les disciples suivent le conseil de l'inconnu, persuadés que celuici doit s'y connaître, puisqu'il parle avec une telle assurance. Ils jettent le filet, et, quand ils essaient de le retirer, ils ne peuvent en venir à bout, tant la quantité de poissons est considérable A ce moment, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seig-neur ^ ». On doit supposer que ce disciple s'occupait moins de la pêche que de celui qui l'avait conseillée, et que, le bateau se rapprochant du rivage^ il a fini par discerner les traits du Sauveur. Le disciple est mentionné en cet endroit à cause de l'intérêt que lui porte le rédacteur, et pour préparer l'identification qu'on fera de lui avec l'auteur de l'Evangile. Par conséquent, ce trait n'existait pas sous cette forme, et peut-être même n'existait-il en aucune façon dans le récit primitif. La suite paraît avoir été aussi plus ou moins retouchée ; mais il est impossible de déterminer avec précision les éléments adventices et ce qui appartient à la tradition originelle. Toujours est-il que l'intervention du disciple préféré n'est pas bien amenée, puisque l'énumération des pêcheurs ne laissait pas soupçonner sa présence. Le rédacteur, sans doute, veut qu'on l'identifie à Jean fîls de Zébédée, ou à l'un des disciples anonymes; mais il semble que l'identification vient de lui et qu'elle n'était pas faite dans la tradition qui lui a fourni l'histou^e de l'apparition sur le lac.

Simon-Pierre, à la remarque du disciple, s'empresse de mettre son vêtement et se jette à l'eau pour g-agner le bord. A--t-il cru sur la parole du disciple, ou bien n'a-t-il pas plutôt regardé lui-même et reconnu Jésus? Le récit manque de netteté. On est tenté de soupçonner que, dans la relation primitive, Pierre reconnaissait luimême Jésus, sans être averti par aucun autre. L'apôtre, pour vaquer plus librement aux exercices de la pêche, était nu, c'est-à-dire qu'il avait ôté sa robe, l'habit de dessus : les commentateurs admettent généralement, sans grande nécessité, qu'il avait gardé

1. Ss. : « Et quand ils l'eurent jeté comme il l'avait dit, ils cherchèrent à tirer le filet dans la, barque, et ils ne le pouvaient pas, à cause du poids des poissons quil contenait. » Quelques témoins insèrent Luc, v, 5, avant Jean, XXI, 6, avec quelques modifications : « Et ils dirent » : Nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre; mais sur ta parole nous Jetterons le filet. »

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