‹ Le quatrième évangileChapitre 835 sur 857 · Marc, i. 17; Matth. iv, 19; Luc, v · texte numérisé non relu

Marc, i. 17; Matth. iv, 19; Luc, v

4. (( Quos pisces ad dexteram partem jubente Domino extraxit Petrus, et erant centum quinquaginta très, ita ut prae multitudine eorum retia rumperentur. Aiunt autem qui de animantium scripsere naturis et proprietate, qui àXie-jTixà tam latino quam graeco didicere sernione, de quibus Oppianus Cilix est, poeta doctissimus, centum quinquaginta tria esse gênera piscium quae omnia capta sunt ab apostolis, et niliil remansit incaptum, dum et nobiles et ignobiles, divites et pauperes, et omne genus hominum de mari hujus saeculi extrahitur ad salutem. » In Ez., XIV [P. l. XXV, 474). Les conjectures des autres Pères ne sont pas à discuter. Voir à ce sujet Maldonat, II, 1004.

LE QUATRIÈIME ÉVANGILE

tive de la prédication aux Gentils. La suite montre combien les rédacteurs sont préoccupés du rôle de Pierre dans l'Ég-lise apostolique et de sa primauté spirituelle. On a pu, non sans quelque raison, les soupçonner de vouloir être agréables à TEglise romaine \

Au point de vue de la composition, l'acte de Pierre tirant le filet et comptant les poissons remplace les paroles entre le Christ et Pierre quand celui-ci est arrivé près du Sauveur. Il est bien difficile de voir dans le nombre des poissons une marque d'historicité, et d'admettre que la prise de ces poissons n'est pas conçue comme un miracle ~. De ce qu'on a proposé beaucoup d'explications chimériques 3 pour le nombre cent cinquante-trois, il ne suit nullement que l'auteur n'y ait pas vu un symbole, et le caractère miraculeux de la pêche, au moins dans la pensée du narrateur, résulte des circonstances indiquées. Rien n'est plus arbitraire que de supposer le brasier allumé et le poisson mis sur le feu par Pierre lui-même : était-ce donc pour cela qu'il s'était précipité vers Jésus, et n'a-t-il pas eu d'autre souci dans les courts instants qui ont précédé l'arrivée de ses compagnons. Ni le narrateur, ni Pierre, ni les autres disciples n'ont su comment le feu s'était trouvé prêt. Le pain et le poisson rôti se trouvent là par un coup de Providence aussi miraculeux que la multiplication des pains.

Luc mentionne deux barques et dit que le tilet menaçait de se rompre : on a pensé que notre récit parlait d'une seule barque et notait que le filet ne s'était pas rompu, pour signifier l'unité de l'Eglise, et pour effacer le souvenir des anciennes querelles entre les judaïsants et les chrétiens de la gentilité. Mais il semble plutôt que Luc a introduit une seconde barque à cause des fils de Zébédée ^, dont il rattachait la vocation, aussi bien que celle de Pierre, à la pêche miraculeuse; ce qu'il dit du filet peut n'avoir pas d'autre portée, et il n'est pas évident non plus que la remarque du récit johannique, sur le lilet qui ne se rompt pas, soit destinée à corriger le troisième Évangile, surtout dans le sens où on l'entend. L'intégrité du filet figure l'unité de l'Eglise ; mais ce trait

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