B. Weiss, 628 ; IIoltzmann, loc. cit
SIMON-PTERRE ET LE DISCIPLE BIEN-AIMÉ
naît réellement. Les paroles du Sauveur à Pierre : « Et toi une fois converti, affermis tes frères ^ », dont on ne voit pas clairement la portée dans le troisième Evangile, ne reçoivent-elles pas, de cette hypothèse, un commentaire lumineux? Si la première apparition a été surtout pour Pierre ; si Pierre, dans cette conjoncture, a pris conscience de sa vocation ; s'il a commencé à être le guide de ses compagnons en leur communiquant d'abord la foi à la résurrection, il est aisé de concevoir pourquoi la tradition de Marc n'aurait parlé qu'en cet endroit de la primauté apostolique de Pierre ~.
Tant pour le contenu que pour la forme, et pour l'emploi caractéristique du nom de Simon, ce passage est parallèle au : « Tu es Pierre », de Matthieu, et au : < Confirme tes frères », de Luc. Ce sont trois échos de la même tradition, également fidèles quant à leur substance, mais qui peuvent être plus ou moins dépendants l'un de l'autre quant à leur origine. Si l'on doit admettre quelque part une transposition, ni Matthieu ni Luc ne peuvent être considérés comme primitifs par rapport au supplément de Jean; au contraire on s'expliquerait aisément que ce supplément, s'il appartenait à la finale primitive de Marc, à l'ancienne tradition galiléenne de la résurrection, se soit retrouvé, sous une autre forme, dans le corps du premier Evangile qui dépend d'un Marc saris finale, et dans celui du troisième qui suit pour la résurrection une tradition différente de celle de Marc.
Cependant Jésus, pour inviter son disciple à un plus strict examen de soi-même et à une plus exacte considération de ses devoirs 3, réitère la question posée : « Simon fils de Jean, in'aimes-tu? » Et le prince des apôtres fait la même réponse que la première fois. L'emploi constant du nom de Simon n'est pas pour rappeler la chute du disciple, ni pour opposer sa condition de nature à sa dignité de grâce. Simon fils de Jean est le nom original de l'apôtre ; Pierre est un surnom dont il ne semble pas qu'on ait beaucoup usé avant la fondation de l'Eglise. On a conjecturé que, dans la finale primitive de Marc, Texplication du nom de Pierre, placée dans la bouche de Jésus, et conçue dans des termes analogues à ce qu'on lit dans Matthieu^, terminait l'entretien; le rédacteur de notre chapitre