Cf. HOLTZMANN, loC . Cit
2. La formule à[j.7]v à|j.r]'v est johannique, et trahit le rédacteur.
d'un âge assez mûr quand cette prophétie lui fut adressée. Sa jeunesse est le temps qui a précédé sa vocation. L'indépendance dont il jouissait alors est rappelée, avec sa vigueur physique, comme un fait indiscutable, sans le moindre soupçon de blâme. A cette indépendance d'autrefois s'oppose, par une antithèse médiocrement heureuse, le sort qui attend l'apôtre dans sa vieillesse : au lieu de mettre sa ceinture lui-même, il étendra les bras pour qu'un autre la lui mette; et cet auxiliaire se trouvera être un ennemi qui fera de la ceinture un lien pour emmener Pierre où il ne voudra pas. Prédiction bizarre, si on devait la prendre à la lettre; mais le rédacteur a soin de prévenir que c'est une allégorie, et qu'on doit l'entendre du genre de martyre que Pierre a subi.
Le martyre de Pierre a déjà été signalé, dans le quatrième Evangile, sous une forme plus habile et plus discrète K C'est que l'auteur du livre et celui du dernier chapitre savaient dans quelles circonstances avait péri le prince des apôtres. Puisque la description de ce qui doit lui arriver dans sa vieillesse est la représentation figurée de sa mort, il est à croire que les bras étendus signifient le crucifiement, et la ceinture les liens qui attachent le supplicié à la croix. Il ne faut pas supposer que la description marche à reculons, et que le condamné, qui étend les bras pour être crucifié, a commencé par être lié et amené avec ses chaînes ^. L'écrivain a dans l'esprit une forme particulière de crucifiement où le supplicié est attaché par des liens à la croix avant qu'elle soit dressée; le condamné étant lié, on l'enlève avec la croix, pour planter celle-ci en terre ^\ On va contre la pensée du texte, qui annonce une prophétie symbolique ^, et l'on obtient un sens bien peu satisfaisant en interprétant littéralement une partie de la description, et en voyant, dans les bras étendus, le vieillard qui s'abandonne, dans la ceinture et le reste, les chaînes du prisonnier que l'on conduit au juge, en sorte que le martyre de Pierre ne serait signifié qu'en général ^. Le rédacteur n'a pas voulu rester dans le