V. 19. àxoXouOet p-oi. Cf. xiii
2. V. 20. ETTtcîTpacpsi; ô IléTpoç [3Xé:r£t tov {J.a0r]-r7)v ov rjyàTca ô 'Ir]aoij; àxoXouOouvTa.
3. V. 22. èàv auTOv ôsXco [j.£veiv sVoç £'p)(o[jLat, ti rcpo; as; au [jloi ày.oXoùQu.
4. Un interprète catholique (Knabenbauer, 588), ne voulant pas que le Christ ait parlé de la parousie, pense qu'il s'agit de la venue du Sauveur au trépas de chaque fidèle, La réponse du Sauveur à Pierre devient ainsi un non-sens ou une mauvaise plaisanterie : Si je veux qu'il vive jusqu'à ce qu'il meure, etc.
A. LoiSY. — Le quatrième Evangile. 60
jusqu'au grand avènement, ou bien mourra-t-il auparavant, c'est un point dont Pierre n'a pas besoin d'être instruit. Il sait ce qui le concerne lui-même et n'a pour le moment qu'une chose à faire, suivre son Maître.
S'agit-il de continuer cette étrange promenade, ou bien l'exhortation aurait-elle un double sens? Le rédacteur, cette fois, n'a pas le temps de l'expliquer. Il tient à faire savoir qu'une opinion qui avait eu cours au sujet du disciple, et qui prétendait s'autoriser des paroles du Christ, n'était pas réellement fondée. C'avait été une persuasion très répandue parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas, non qu'il dût vivre sur la terre indéfiniment, mais parce que ses jours se prolongeraient jusqu'à la venue du Sauveur, jusqu'à la parousie. On le croyait, parce que l'on pensait que Jésus l'avait dit. Or Jésus n'avait pas dit que le disciple vivrait jusqu'au terme indiqué ; il avait présenté cette éventualité comme possible. C'est ce qu'on ne doit pas oublier pour l'interprétation de son discours. Et cette remarque en amène une autre que le rédacteur, sans doute, ne juge pas moins importante : c'est ce disciple qui rend témoignage des choses contenues dans l'Evangile, et qui Ta écrit.
Toute cette finale, ailleurs que dans un Evangile canonique, serait jugée faible de conception. On y cherche vainement la haute inspiration qui règne dans tout le reste du livre, le cachet de tradition autorisée qui se remarque dans les traits principaux de la pêche miraculeuse et dans la triple question de Jésus à Pierre. Ce sont des subtilités de théologiens dérangés dans leurs thèses par la brutalité des faits, et qui cachent leur déconvenue sous une distinction logique. Si l'on examine en détail les assertions du narrateur, on voit d'abord qu'il a dû attacher un double sens à l'invitation : (( Suis-moi », et que, poursuivant le symbolisme, il est tombé dans l'équivoque. Le « suis-moi » peut bien signifier : « Marche sur mes traces jusqu'à la mort de la croix » ; cette interprétation spirituelle est compromise par le contexte, qui représente Jésus et Pierre marchant ensemble, et le disciple « suivant », sans que cette description ait la moindre portée symbolique. Pourtant, le « suis-moi », adressé à Pierre, doit se référer à la parole que Jésus lui a dite dans l'Evangile : « Tu me suivras plus tard ■. » Il est peu probable que le rédacteur n'y ait pas songé, ou qu'il en fasse une application