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SLAJON-PIEURE ET LE DISCIPLE BIEN-AIMÉ
à contresens. Il montre seulement combien il est inférieur à l'évangéliste dans Tart du récit figuratif. Ce qui est dit du rôle que le disciple bien-aimé a joué dans la dernière cène se comprend mieux de la part du rédacteur que de l'auteur principal. Bien que celui-ci ait quelquefois de pareilles notices, elles ne sont pas si longues et n'alourdissent pas tant le récit. On ne sait où vont Jésus et Pierre, ni pourquoi le disciple marche derrière eux, ni pourquoi Pierre se retourne, si ce n'est qu'il fallait amener la parole de Jésus touchant le disciple.
Cette parole est donnée en forme hypothétique, afin que l'opinion qui avait eu cours au sujet du disciple bien-aimé puisse être présentée comme un malentendu. Il serait possible néanmoins de l'entendre comme une assertion, et la leçon actuelle de la Vulgate ^ paraît l'interpréter ainsi. Les légendes les plus bizarres ont été imaginées à propos du disciple chéri ; on l'a cru toujours vivant dans son tombeau, en attendant le retour du Christ ; on a dit qu'il n'était pas resté dans son sépulcre, qu'il n'était mort qu'en apparence ou n'avait fait que traverser la mort Mais notre texte, rédigé sans doute assez peu de temps après le décès de celui que l'on veut identifier au disciple bien-aimé, ignore encore ces histoires merveilleuses. Le chrétien qui a écrit la parole du Seigneur et son explication n'est pas entièrement revenu de la surprise que le trépas du personnage en question a causée à son entourage. Lui aussi se compte parmi « les frères », et il avait cru comme les autres que le disciple ne mourrait pas ^. Et le disciple était mort, bien mort ; ceux qui l'avaient enterré ne pouvaient pas en douter. D'où était née l'opinion qui fut ainsi trompée ? La parole du Christ, si elle avait été réellement prononcée comme on la rapporte, n'aurait pu j donner lieu, le disciple lui-même aurait
1. » Sic eum volo manere donec veniam. » La substiliition de sic à si, dans les mss., peut résulter d'une méprise; mais la méprise a dû être facilitée par ridée que le disciple n'avait pas réellement subi la mort. « Aut incuria, ut fit, notariorum pro si cœptum est scribi sic, aut ab aliquo fortasse ({ui nolebat Joannem esse mortuum studiose per speciem correctionis locus corruptus est. » Maldonat, II, 1019. s. Ambroise et s. Augustin lisaient déjà sic. Quelques mss. ont si sic, et cette lecture paraît être celle de s. Jérôme, Adv. Jov. I, 26. Le ms. D a [xévEiv oGxwç.