Voir Maldonat. II
3. V. 23. k'ÇTjXOev oùv outo; ô Xdyo; v.q xoù; à5=X^oj; oxi ô [jLaOr,Tr,; v/.v.vo; ojy. ir.o-
dû être le premier à empêcher qu'on ne la comprît de travers. Mais il y avait, dans la tradition évang-élique, d'autres paroles dont on pouvait lui faire l'application sans qu'il eût lieu de protester.
Quel qu'ait été ce personnage, il restait, au moins dans son milieu, le dernier survivant de l'âge apostolique. C'est de ce milieu, on ne doit pas l'oublier, que sortit l'Apocalypse aussi bien que le quatrième Evangile; l'espérance de la parousie prochaine y était très vivace, et l'on y prenait à la lettre les passages des Synoptiques où il est dit que la génération présente ne passera pas avant que la fin n'arrive ^. De cette génération un témoin subsistait, que la tradition dit avoir été l'auteur même de l'Apocalypse, et les fidèles, en voyant ses jours se prolonger, se disaient sans doute qu'il demeurait pour le grand avènement, que le Seigneur l'avait prédit ; ce qui se rapportait à l'ensemble d'une génération s'entendait maintenant de lui personnellement. Et quand il fut mort, il fallut trouver que le Seigneur n'avait pas dit ce qu'on avait cru. C'est alors que fut imaginée l'explication de notre rédacteur : la parole du Christ était conditionnelle ; ce qu'on avait pris pour une prophétie absolue n'était qu'une possibilité ; Jésus n'avait pas fait de fausse promesse à son disciple préféré, mais on ne l'avait pas compris. Il peut sembler maintenant que la prophétie, énigmatique d'abord, devient finalement insignifiante ; mais le rédacteur ne voit que l'objection à écarter, et il l'écarté comme il peut.
Les interprètes qui soutiennent encore que ce chapitre a été composé par l'apôtre Jean, comme le reste de l'Evangile, devraient dire qu'il n'était pas sûr lui-même en écrivant ces lignes, de ne pas vivre jusqu'à la parousie Extravagante hypothèse, qui fait argumenter l'évangéliste contre sa propre espérance et qui le suppose ignorant du sens qu'il faut donner à la parole qu'il rapporte. Plus étrange encore est celle qui fait rédiger ce chapitre par un disciple de l'apôtre avant sa mort, comme s'il eût été nécessaire de prouver au vieillard qu'il avait chance de mourir avant l'avènement di; Christ. Une phrase comme celle-ci : <( L'opinion se répandit parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas, mais Jésus
1. Marc, ix, 1; Matth. xvi, 28; Luc, ix, 27; Marc, xiii, 30; Mattii. xxiv, 34; Luc, XXI, 32.