‹ Le quatrième évangileChapitre 851 sur 857 · XIX, 35 ; supr. p · texte numérisé non relu

XIX, 35 ; supr. p

3. Le témoignage dure ([i-aprupcov), et la composition du livre est un fait passé relativement au témoignage (ypàtj^aç).

LE QLATBIÈMK ÉVANGILE

ciple était Tapôtre Jean, fils de Zébédée, ou tel personnag-e qu'ils ont en vue ? On ne saurait le dire, à moins qu'ils n'aient pas osé déclarer cette identification, et qu'ils aient mieux aimé la sug-f^érer. Il ne paraît pas possible d'admettre ^ que le rédacteur n'ait pensé à aucun personnag"e connu, mais au bien-aimé anonyme et supposé mort. L'addition du chapitre XXI a son explication partielle dans l'intérêt qui est porté à un individu déterminé, à un disciple dont on avait cru qu'il vivrait jusqu'à la parousie. Si l'on n'a pas nommé ce personnage, c'est probablement qu'on avait des raisons de se tenir sur la réserve. Supposé qu'on ne fût pas sûr, et on ne devait pas l'être, que ce disciple eût écrit le livre, on pouvait craindre la contradiction, et un peu de mystère n'était pas inutile pour que l'identification indiquée fît son chemin. Elle avait besoin de s'insinuer, ne pouvant s'imposer. D'autre part, si ce disciple avait été, au su de tous, l'auteur de l'Evangile, on n'aurait pas eu besoin de le dire, et l'on n'aurait pas pensé à le déclarer si solennellement. On ne savait pas qui était le disciple bien-aimé, ni qui avait écrit l'Evangile. C'est pourquoi l'on mettait en avant un disciple qui prenait la place de l'anonyme et fournissait au livre la recommandation dont il avait besoin, tout en bénéficiant lui-même de cette attribution.

Bien qu'ils se disting-uent de l'auteur, ceux qui publient cette notice ne distinguent pas son œuvre de la leur. On a vu plus haut toutes les raisons qui empêchent d'attribuer le chapitre xxi à la même main que les précédents ; mais il n'est pas possible de reconnaître, dans les choses que le disciple a écrites, ces ving-t chapitres à l'exclusion du dernier -, et bien moins encore ce dernier chapitre seul '\ Si le rédacteur n'a pas pris beaucoup de précautions pour ajuster le chapitre xxi à la composition primitive, il n'a pas davantag-e voulu sig"naler au lecteur l'addition qu'il avait faite; en comptant la pêciie miraculeuse comme troisième apparition du Christ aux apôtres, il a même cherché, autant qu'il était en lui, à relier son œuvre à celle de l'évangéliste. Sa naïveté cependant ne permet pas qu'on le prenne pour un faussaire ; il n'avait pas plus le sens de la propriété littéraire que celui de l'exactitude historique. On peut douter que « nous savons » soit dit au nom des apôtres, conformément à la légende

Page 1