‹ Le quatrième évangileChapitre 90 sur 857 · Cf. V · texte numérisé non relu

Cf. V

2. Cf. XI, 41-42 ; xii, 27; xvii, 13. « Dans les relations du Logos à Dieu la prière n'a pas de raison d'être ; elle impliquerait une distinction de volonté et de pensée individuelles qui n'existe pas. Elle ne peut plus être qu'une forme de la révélation destinée aux hommes, pour leur instruction et leur édification. » J. Réville, 224.

3. La foi dont il est question dans xi, 40, n'est pas précisément celle que Jésus, dans les Synoptiques, réclame de ceux qu'il guérit ; elle a un objet plus relevé. Noter que, dans le quatrième Évangile, le Christ seul fait des miracles; on nie que Jean-B.lptiste en ait fait (x, 41); les disciples n'en feront qu'après la résurrection. Est-ce aussi parce que le Christ, et non la nature, a le pouvoir des miracles, que les ténèbres et le tremblement de terre ont disparu du récit de la passion (Holtzmann, II, 449) ? C'est plutôt parce que la mort du Christ johannique n'a rien d'effrayant ni de triste.

4^. IIol,tzmann, II, 450,

nie perpétuelle, où la scène de transfiguration qui est décrite dans les Synoptiques ne pouvait être maintenue, n'y ayant plus de raison d'être, et se trouvant, comme conception, bien au-dessous de la gloire qui éclate dans tous les discours et dans tous -les actes du Verbe incarné. Cette gloire est celle du Verbe, elle résulte de l'incarnation même, tandis que le Christ synoptique n'entre dans la gloire que par la mort \ et, sauf l'anticipation passagère qui se produit dans la transfiguration, ne manifestera cette gloire que dans la parousie ^. La gloire du Fils est celle du Père, parce que le Père, révélé dans les œuvres du Fils, est par là même glorifié; à son tour, le Fils est glorifié dans les siens, et tout cela dès maintenant, sous réserve de la consommation éternelle ^. Sans doute, l'idée que le Christ sera glorifié par sa mort vient des Synoptiques, mais elle ne crée pas d'incohérence trop sensible dans la doctrine johannique, parce que la vie terrestre du Christ ne laisse pas de constituer, par rapport à sa préexistence éternelle et à sa postexistence immortelle, une sorte d'occultation; sa gloire est toujours la même; seulement elle ne transparaît qu'à travers des signes sensibles ; elle recouvre tout son éclat, dans une nouvelle forme, par la rentrée du Christ au ciel. Il ne s'ensuit pas que la gloire du Christ sur la terre ne soit proprement divine ; mais on doit avouer que la combinaison de l'idée synoptique avec la théorie johannique introduit dans le langage une sorte d'équivoque ^

Un point assez obscur de la doctrine johannique est le rapport du Verbe- Christ avec l'Esprit. On a dit que le don de l'esprit, qui fait Jésus Messie et Fils de Dieu, dans la pensée de la première génération chrétienne, est superflu pour le Christ johannique; il devrait être considéré comme une réminiscence des Synoptiques ^. Peut-être n"a-t-on pas suffisamment remarqué que cette communication d'esprit divin, dont Jean est censé avoir été le témoin^ n'est pas autre chose, dans la conception même de l'évangéliste. que la représentation sensible de l'incarnation du Verbe, en sorte que, de ce chef, il n'y a pas double emploi, mais simple accommodation de la théorie johannique au langage traditionnel. Le Précurseur ne pouvait pas plus parler du Verbe que le Christ lui-même; il certifie l'incarnation par la descente d'esprit divin qui en est, dans la perspective du quatrième Evangile, comme dans la tradition apostolique primitive, le point de départ historique. L'esprit divin que reçoit Jésus ne se distingue pas du Verbe, mais seulement celui que le Christ donnera aux siens et qui lui rendra témoignage dans l'Église. Le rapport de l'Esprit avec le

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