‹ Le quatrième évangileChapitre 93 sur 857 · Voirie commentaire de i, 12-18, et Grill, 99, n · texte numérisé non relu

Voirie commentaire de i, 12-18, et Grill, 99, n

qui seraient tels par un décret absolu de la Providence \ qui auraient, en vertu de cette prédestination, dans le fond de leur être une disposition native à recevoir la vérité ^, tandis que les enfants du diable, ceux qui sont du monde, seraient, par une même nécessité providentielle et naturelle ^, incapables de recevoir la lumière contre laquelle ils se révoltent. Le besoin d'une formule qui concilierait Tidée théologique de la prédestination et de la grâce avec le fait moral de la liberté, qui est impliqué dans la proposition de l'Évangile à tous les hommes, n'a pas été tenté; mais on n'en est pas davantage autorisé à sacrifier une partie de la doctrine à l'autre, soit en réduisant la filiation divine à une rénovation purement morale, soit en faisant de l'auteur un partisan du déterminisme absolu. L'élément mystique et l'élément moral sont juxtaposés et ne s'excluent pas l'un l'autre. Entre le Fils de Dieu et les enfants de Dieu la différence est peut-être moins en ce que le Christ est fils au sens absolu, et les croyants dans un sens relatif par communication de pouvoir, que dans le caractère même de la génération : le Christ est fils parce qu'il a reçu dans le Verbe la plénitude de l'esprit divin; les enfants de Dieu sont tels parce qu'ils ont part limitée au don d'esprit divin qui se fait dans le Paraclet. De part et d'autre la filiation est réelle, et la communication d'esprit divin est directe; mais dans le Christ, la communication est totale; dans les croyants elle est partielle et ménagée par le Christ ; par le don infini qu'il a reçu, le Christ est personnalité divine; nonobstant leur participation à l'esprit du Christ, les croyants restent personnalités humaines ; ils ont le Paraclet, mais le Christ seul est le Verbe incarné.

L'œuvre du salut s'accomplit par la révélation de Dieu dans le Christ, parce que la lumière du Verbe attire les enfants de Dieu et les arrache au monde, aux ténèbres, à la perdition ^. La mort de Jésus intervient dans cette économie, aussi bien que dans la théorie de Paul, mais non pas en qualité de sacrifice expiatoire, le Christ johannique semblant être venu pour réunir les enfants de Dieu ^, non pour appeler les pécheurs à la pénitence ^ ; ceux qui sont de la vérité entendent sa voix ^ ; sa mort n'est que la condition nécessaire de la rédemption, parce qu'elle rend possible

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