XVIII, 37; cf. m
ÎNfRÔDUCTioN
l'institution universelle de la communauté chrétienne *. La consécration personnelle du Christ pour la mort, qui est définie en termes de rituel et paraît conçue comme un sacrifice, se termine en prière pour l'unité ^. Il doit y avoir toutefois, en cet endroit de TEvangile, dans ce qu'on a justement appelé la prière sacerdotale du Christ, un écho de TEpître aux Hébreux ^ : le Christ, prêtre et victime, offre à Dieu sa propre vie ; l'effet de cette offrande est que les disciples eux-mêmes sont consacrés à Dieu, sanctifiés par lui; le sacrifice de Jésus est une dernière preuve d'amour, efficace comme sa parole Cette conception liturgique de la rédemption se juxtapose à la conception mystique du salut par la révélation de Dieu et la génération spirituelle; elle ne se confond pas avec l'idée paulinienne de la mort expiatoire et réconciliatrice ^. Le quatrième Evangile n'envisage pas l'éventualité d'une réconciliation pour les pécheurs enfants du diable, et il ne considère, à aucun moment, les enfants de Dieu comme étant ses ennemis : on dirait que le péché affecte irrémédiablement les hommes voués à la réprobation, et qu'il ne touche pas les prédestinés. L'idée de Paul se retrouverait plutôt dans Tagneau de Dieu qui ôte le péché du monde, si Ton pouvait prouver que l'agneau ne chasse pas seulement le péché, mais qu'il le porte, et que le péché du monde représente le péché en général, tous les péchés des hommes. Ce dernier point paraît très vraisemblable La mort du Christ aurait le caractère d'une rédemption universelle, dont ne profiteraient que les enfants de Dieu. Peut-être doit-on dire que l'évangéliste accueille en partie les idées de Paul et de l'Epître aux Hébreux, mais qu'il ne les suit pas jusqu'au bout, qu'il les restreint, au lieu de les développer, en les subordonnant à sa propre théorie, dont le point de départ est tout différent. Il ne se représente pas la sanctification comme une délivrance juridique du péché, une décharge de culpabilité, mais comme une purification intérieure et progressive .