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INTRODUCTION
croit au Père. La qualité et le degré de la foi se règlent sur la relation où le croyant se trouve à Fégard du Christ, sur Tintelligence qu'il a de sa mission salutaire : les progrès de la foi des disciples, qui sont notés par l'évangéliste, correspondent aux étapes de leur instruction; cette foi atteint sa fornie parfaite dans la déclaration de Thomas, qui implique l'idée de l'incarnation K Cependant le critère de la vraie foi semble placé dans son motif plutôt encore que dans son objet : les Juifs qui croient seulement à cause des miracles ne persévèrent pas ^ ; la foi sincère est celle qui est donnée à la parole ^ ; il est vrai que cette foi à la parole suppose une adhésion à la doctrine, et que l'acceptation du témoignage de Jésus se ramène à croire que le Christ est venu de Dieu et qu'il y retourne, qu'il est le Verbe incarné et glorifié. La conception formelle de la foi reste ainsi la même que dans les Synoptiques et dans Paul; c'est la matière qui est autrement perçue et développée.
Le rapport de cette foi avec la régénération spirituelle n'est pas clairement défini. Le fidèle est enfant de Dieu, et l'enfant de Dieu est croyant; mais l'on peut se demander laquelle de ces deux qualités est la conséquence de l'autre. Tantôt il semblerait que l'on croit parce que l'on est enfant de Dieu, et tantôt que l'on est enfant de Dieu parce que l'on croit. Cette contradiction apparente résulte des deux points de vue et des deux éléments qui sont associés dans le quatrième Evangile. Si l'on considère la filiation divine, c'est un don de Dieu que l'homme n'a pas mérité, qui est antécédent à la foi, qui a dans la foi son couronnement. Si l'on regarde la foi, c'est l'acte décisif qui fait de l'homme un chrétien et un enfant de Dieu. Mais il ne faut pas oublier que la foi johannique est une connaissance même une connaissance parfaite, qui est fondée sur un témoignage divin, et que ceux-là seulement arrivent à cette connaissance qui sont de Dieu, qui ont avec elle, à raison de leur prédestination, une sorte d'affinité naturelle. La gnose de la foi, qui est esprit et amour, comme Dieu même, ce qui la différencie de la gnose tout intellectuelle des hérétiques, est donc fondée sur une condition absolue, elle ne fait qu'amener à la pleine conscience de leur privilège et de leur fin les élus de Dieu, réaliser leur destinée dans la lumière et la vie. Il ne suit pas néanmoins de ce rapport transcendant que l'on soit constitué enfant de Dieu, que Ton soit engendré spirituellement avant la foi. Mieux vaut dire que la filiation divine et la foi sont coordonnées et se conditionnent réciproquement, qu'elles désignent un même objet, qui est grâce et filiation spirituelle du côté de Dieu, action et foi du côté de l'homme.