‹ Le quatrième évangileChapitre 98 sur 857 · Cf. VI, 69 ; XVI, 30; xvii, 8 (1 Jean, iv · texte numérisé non relu

Cf. VI, 69 ; XVI, 30; xvii, 8 (1 Jean, iv

La vraie foi ne s'appuie pas sur les miracles, mais elle sait y reconnaître rimage symbolique des vérités éternelles. C'est ce qui fait la raison d'être des récits miraculeux dans le quatrième Évangile. L'auteur renverserait sa propre théorie de la foi, s'il ne transformait les miracles en moyen pédagogique et en leçon doctrinale. Il ne serait pas entièrement exact de dire que le miracle johannique tend à se rendre superflu; il tend, au contraire, à subsister comme un symbole de valeur durable, et la foi atteint, sous le symbole, la vérité éternelle qu'il représente. Le signe n'a pas besoin d'être réitéré, et les croyants ne souhaiteront pas de le voir se répéter, parce que la réalité spirituelle demeure à jamais. Il est sous-entendu que le vrai gnostique, qui n'a pas connu Jésus dans la chair et n'a pas vu les apparitions du Christ ressuscité, ne laisse pas d'être témoin de l'Evangile au même titre que les apôtres, et l'on est presque tenté de dire à un titre supérieur, dès qu'il a l'intelligence des faits évangéliques. Cette remarque a son importance quand il s'agit d'interpréter, non seulement les passag-es où l'auteur se donne expressément comme témoin du Christ, mais tout son livre, qui prétend être une vue, nous dirions plutôt une vision directe de l'Evangile.

Ce qui vient d'être dit touchant le rapport de la génération spirituelle et de la foi peut servir à expliquer ce qu'on a appelé le déterminisme johannique K Celui qui croit vient au Christ ^; mais l'on dit aussi qu'il est « tiré » à lui par le Père ^. Il semble qu'une impulsion nécessitante conduise à la foi et au salut ceux que le Père a donnés au Fils, et qu'une impuissance également radicale empêche de venir à lui ceux qui ne sont pas de Dieu, ceux qui sont du monde et du démon ; il est dit que les Juifs, que le monde ne peuvent pas entendre la vérité Judas lui-même est présenté comme une sorte d'automate que Satan fait agir; sa trahison correspond à un décret providentiel dont le Christ presse l'accomplissement fatal ^. C'est la vérité qui sauve les hommes, c'est la connaissance du vrai Dieu et du vrai Christ qui garantit leur liberté morale, qui les introduit dans la sainteté; mais la vérité a sa clientèle déterminée, ceux qui sont de la vérité; elle n'existe que pour ceux qui sont prédestinés et aptes à la recevoir, qui ont été faits pour elle. Aussi bien le Christ johannique ne prie-t-il pas pour le monde voué à la damnation il est venu pour mettre en son plein jour l'opposition du monde et de la vérité, pour opérer le triage qui existe virtuellement entre ceux qui sont de Dieu et

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