‹ Le quatrième évangileChapitre 99 sur 857 · XVII · texte numérisé non relu

XVII

tNtRObuCTION

ceux qui sont du monde La prédestination n'est pas, comme dans Paul, un simple décret providentiel qui crée les élus et les réprouvés ; elle fait, pour ainsi dire, à chacun une nature ou une prédisposition originelle en rapport avec sa fin; mais elle est tout aussi absolue que dans la théorie paulinienne. D'autre part, il semble que l'attitude des hommes à l'égard de la vérité soit conditionnée par une sorte de sympathie ou d'antipathie qu'ils suivent librement. L'allégorie de la vigne signifie que le fidèle n'est vivant que par son union avec le Christ; mais l'élagage du sarment inutile paraît exclure l'inamissibilité de la grâce, qui serait cependant la conséquence nécessaire de la prédestination absolue ^. En divers endroits, l'incrédule est censé responsable de son incrédulité ^, le salut du fidèle est censé dépendre de sa persévérance volontaire dans l'union au Christ et dans la charité les avertissements et les exhortations morales étant des appels à la liberté de l'homme; enfin le Père est dit juste "', parce que son attitude à l'égard des croyants et à l'égard des incroyants correspond à la façon dont les uns et les autres ont reçu la révélation de son amour dans le Christ. On a observé avec raison qu'il n'y a pas là une simple juxtaposition de déterminisme religieux et d'indéterminisme pratique, mais un mélange de conceptions hétérogènes, dont la combinaison n'est pas achevée dans l'esprit de l'auteur^.

L'homme devient enfant de Dieu, il naît d'en haut par l'eau et l'esprit ^, c'est-à-dire parle rite du baptême auquel est attachée la communication de l'esprit divin. La tradition a fourni l'antithèse du baptême d'eau, qui est celui de Jean, et du baptême d'esprit, qui est celui du Christ, le premier étant la figure du second. Dans la conception johannique, l'eau et l'esprit sont associés, non comme deux principes, l'un de nécessité humaine et relative, l'autre de nécessité divine et absolue, ou bien l'un comme principe négatif auquel s'attacherait l'idée de purification, l'autre comme principe auquel s'attacherait l'idée de génération spirituelle et de sanctification ^, mais comme un seul principe consistant en deux éléments, le symbole de l'eau et la réalité de l'esprit, l'un figurant et contenant en quelque façon l'autre. La tradition primitive et la théorie johannique se combinent ici dans la plus parfaite unité. Il n'y a même pas lieu de dire ({ue la théorie ne devrait pas admettre le baptême comme point de départ his-

d. VIII, 41-47.

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