A. Cappelli, Guiniforle Barzizza, p
62 LE QDATTROCENTO
Laurent le Magnifique chante à gorge déployée des ;'/.s- />^'//?! qu'il improvise; et un pape, le pape Pie II, au milieu d'adolescents, de jeunes lilles et de jeunes femmes qui agitent des branches vertes, se promène librement, s'étend sur l'herbe, devise, questionne, sourit. Pour lui faire « chose agréable», des pêcheurs entrent dans l'eau et se mettent à pêcher devant lui. « Lui, en longeant la rive, admirait les pêcheurs, et à chaque prise de poisson, les pécheurs le saluaient de grands cris et distribuaient leur butin aux domestiques, et c'est ainsi que, non sans un très grand plaisir, il fit un long espace de chemina » Et le poète Pontano berce son nouveau-né au bruit de berceuses latines qu'il compose. Et le vainqueur de Fornoue reçoit de sa petite Léonora, filia obsequentissima, qui tette encore, adliuc lactans, le plus joli des compliments^. Et au milieu des soucis de la campagne, ce guerrier se préoccupe de son costume. « Hier, lui mande la marquise Isabelle, nous allâmes à la chambre de notre petite fille, et nous eûmes plaisir à la voir allègre et saine, et nous la fîmes habiller en notre présence, selon votre ordre, de sa robe de damas blanc •^. » Car avec la grâce de la vie, la grâce des enfants est reconnue. « Ah! comme c'est bien travailler et prosfiter, s'écrie l'ascète, les tenir tout le jour dans les bras, les baiser, les lécher avec la langue, leur chanter des chansons, leur conter des fables menteuses, les effrayer avec l'ogre, les tromper, jouer à coucou avec eux, et mettre toute diligence à les faire beaux, gras, joyeux, riants et contents en toute chose, selon la sensualité*! »