‹ Le quattrocento (volume 2)Chapitre 18 sur 77 · Buona donna e cattiva donna vuole bastone · texte numérisé non relu

Buona donna e cattiva donna vuole bastone

4. « Riprenderai più tosto la cattiva donna col riso che col bastone,» (G. Marcotti, Un Mercante fiorentino {Op. cit.., p. 36).

ne rougissez pas d'être femmes'! » Tout est là.

Au moyen âge, et d'ailleurs dans tout ce qui, au (juat- Irocento, est resté fidèle à la tradition du moyen âge, la femme demeure en recul, a une place d'arrière-plan, dans la modestie de la chambre close. Si la chevalerie la regarde comme un dieu, l'Eglise la conçoit comme un diable, et c'est l'Eglise qui, dans la pratique de la vie ordinaire, a raison. Il ne faut pas que l'hommage des poètes et l'ingénieux artifice des cours d'amour nous illusionnent dans cette affaire : ce sont là des propos jolis, des façons d'être galantes, des états d'àme littéraires et bien portés qui valent dans les livres et au temps de la jeunesse, qui n'ont pas sensiblement altéré la discipline raide, à la fois monacale et romaine, de la famille italienne. Pétrarque peut bien chanter Laure. Le reste du temps, il déteste la femme qu'il tient éloignée de sa maison et de son souci. « La femme, écritil, est le plus souvent le diable incarné, ennemie de toute paix, occasion d'impatience, source inépuisable de discordes et de disputes, et l'homme doit s'en écarter, s'il veut pourvoir à la tranquillité de sa vie-. » Et, ce disant, Pétrarque exprime son idée véritable et l'idée véritable de son époque.

A l'homme raisonnable, la femme apparaît un être inférieur. Elle est une créature du diable, « une épileuse de jeunesse, dit iCneas-Sylvius, une mangeuse de patrimoine, une porte de mort, un instrument d'enfer^ ». « Toutes les femmes

i. « Bencliè Idio v'abi faite feraine, non vergognatevi di essare teiiùne. » (l'redicfte. Il, 141.)

2. « Fœmina... verus est diabolus, bostis pacis, fons impatientia», materia jurgioruin, qua caruisse tranquillitas certa est... Uxores habeant, qui muliebri sine fine consortio et nocturnis amplexibus atque convitiis vagituque infantium et insonini negotio delectantur... Nus si dabitur, nostnim notnen non conjugio sed ingenio, non filiis sed libris, non fœtnin^e sed virtutis auxilio Dropagamus... Conjugalium tœdiorum pleni sunt thalami, omnes iecti, aomus, vici, atria, plateie... Deo gratias et provisum fuit ne in hos laqueos incidercinus... » (Pktb.xrque, Opéra, Bàle, iî)54. 2 vol. Epist. sen., XIV, 3.)

:i. « Quid est, ori). mulier nisi jiiventutis expilatrix, virorum rapina. senuin mors, pntriinonii dcvuralrix, honoris pernicics, pabuluin diaboli,

sont folles, assure Alberti, et pleines de puces l. » Son image n'est point faite à l'image de Dieu, et le peintre Cennino Cennini ne trouve dans son corps aucune mesure accomplie-. Quand on l'épouse, l'acte a la même importance, pour Sacchetti, que d'empletter un cheval ; on la traite en servante, en nourrice ou en ménagère; on la séquestre. On lui apprend à coudre, non à lire, « car il ne sied pas trop bien aux femmes de savoir lire, à moins que tu ne veuilles la faire moinesse^». Dès l'âge de sept ans, on la sépare du commerce des garçons, même de ses frères, avec lesquels elle ne doit « ni discourir, ni dormir, ni rien^ ». On la fait balayer, relaver et récurer^. On la marie sans prendre conseil de sa volonté ou de son cœur. Son office n'est point d'être belle, savante, de plaire, sourire, charmer, briller : il est de continuer l'espèce en silence. « J'estime, dit le vieux Gianozzo, que la beauté d'une femme ne se juge pas aux grâces et gentillesses du visage, mais dans la personne bien formée et appropriée à te porter et te produire en abondance de très beaux fils*^. »

Ses vertus sont des vertus de femelle, comme ses grâces sont des grâces de foyer. Elle ne sort point. Elle n'entre point dans les boutiques, car «ce ne serait pas honorable qu'elle trafiquât avec les hommes parmi les places. » Elle ne se montre point aux fenêtres. Elle ne touche point aux affaires, aux tiroirs, aux papiers, ni

jaQua rnortis, inferni supplementum ? » (^neas-Sylvius, Opéra. p. 609.)

1. « Tutte sono pazze e piene di pulce le femmine. » (Alberti, Oper. volq.. 1, p. 43.)

2. Genmno-Cexnini, Il libru delVarfe. Florence, 1839, cap. lxx.

3. « E s'el è lanciulla femina, polla a chuscire, e non a leggere, chc non i.st<i troppo bene a una femina sapere leggere. » {Brève Cuitsiglio di Paolo da Cerlaldo, pub. par S. .Morpurgo. Florence, 1892.)

4. Vesi'asiano, Délie lodi e commendazione délie donne, piibl. par V. Marchesini. Florence, 1890.

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