CHAPITRE m
l/ ÉGLISE
I. L'àme italienne. — Le christianisme opposé à sa structure toute classique et latine. — L'Eglise catholique, apostolique et romaine. — Ce qu'elle fiarde du paganisme. — Le culte, le dogme et la discipline. — La religion reste une fonction publique.
II. La papauté au Quattrocento. — Les papes : l'idée pontificale disparait devant le personnage. — Rome, état italien : ses limites, ses ressources, ses faiblesses, sa politique et ses armes. — La foi, moyen politique et moyen financier. — La Rome glorieuse et belle : Nicolas V. Pie II. — Le pouvoir temporel.
III Protestation italienne et catholique contre l'Eglise. — Dante. — Les secrétaires apostoliques. — Les cardinaux. — Comment on parle au pape et du pape : Marsile Ficin, Lorenzo Valla. — Cette protestation n'aboutit pas à l'hérésie. — L'Eglise perd son importance de facteur spirituel et moral.
L'Italie enferme un élément particulier : elle est le sir-ge de l'Eglise.
Cotte Eglise, mêlée à toutes ces convulsions, intervenant à toutes les heures de son histoire, partout présente, toujours présente, universelle et éteruelle, lui assure une place spéciale. L'Italie, possédant l'Eglise, ne peut être comparée exactement à aucune autre nation d'Europe. Après avoir vu la signorie et la société, il nous faut donc voir l'Eglise.
Pour l'expliquer ou tout au moins pour essayer de la comprendre, il est nécessaire de considérer l'àme italienne, dont elle est le produit grandiose et spontané, telle que des siècles de soleil ont formé cette ;\me et telle qu'elle est apparue, lorsque les circontances extérieures ne l'ont pas oblitérée.
C'est une âme heureuse, épanouie et eurythmée, faite avec des lois d'équilibre et de clarté, gardant à ses origines une structure «le simplicité et de santé
incomparables. Elle ne se replie pas, elles'épanche; elle ne se concentre pas, elle s'enir'ouvre ; elle ne s'isole pas, elle se répand et s'abandonne aux constants appels d'un climat plus tendre et d'un paysage plus beau. L'Italienne vit pas, n'a jamais vécu chez lui, dans le for de sa conscience et de sa maison. Le sentiment du confortable lui est aussi inconnu que celui de l'intimité. Il vit dans la rue, sur la place, où il traite ses affaires, fréquente ses amis, se repose, se promène ou s'agite; il est eu dehors et au dehors, au sein d'une nature clémente et tempérée avec laquelle il communie et chez laquelle il se trouve bien. Cette nature n'a rien d'agressif et de rigoureux; elle n'est pas trop brûlante ou trop gelée, trop éclatante ou trop obscure ; il n'y a pas besoin contre elle de se défendre et de se prémunir; on ne lui échappe pas, on y reste. Terre bénie et fleurie, elle accueille l'enfant qui se confie à elle, le console, le tranquillise dans la lumière et dans la paix, l'appelle à soi pour le détourner de lui, et lui offre en telle profusion une si douce magie de spectacles qu'il oublie le reste et se rend. Insensiblement, sans secousses, l'attention se détourne de la vie intérieure; le regard se pose et se repose sur le détail de formes pures et splendides ; la pensée se limite à la contemplation de l'univers physique et merveilleux. Pourquoi penser? En italien, une pensée signifie un chagrin. A quoi bon monter plus haut, descendre plus profond, chercher derrière? Grever le ciel jonché d'étoiles, fouir le sol semé de fleurs? Regarde! Et comme devant le soleil la brume se dissipe, le mysticisme s'enfuit devant la réalité, le symbole le cède à l'allégorie, et la métaphysique n'est aux yeux de Guichardin, qu'un vain exercice de l'esprit. L'Italie n'a pas donné au monde les géants de sa pensée, elle lui a donné les plus hauts, les plus purs, les plus fervents ouvriers de sa beauté. Ce n'est pas son cerveau qui est saisi devant le jeu des apparences, c'est son œil. Pour
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qu'elle comprenne, il faut qu'elle voie; sa langue naturelle s'exprime en images, non en idées. Et dans cel ellorl tenace, où semble se résumer l'aventure intellectuelle de l'Italie, à une réalité plus précise, plus concrète, plus matérielle, plus étroitement serrée dans la splendeur de ses aspects et dans la rigueiu* de ses lois, il faut reconnaître l'influence de l'astre radieux et salutaire dont Virgile admirait la lumière difl'use sur le ciel apaisé, que saint François d'Assise appelait Monsieur le soleil, qu'à l'heure qui nous occupe Marsile Ficin prie et Jovien Pontano adore, qui chasse les tristesses et les nuages, développe au dehors les esprits et les plantes, réconcilie la créature avec la création, limite l'iufini qu'il mesure, éclaircit la profondeur qu'il transperce. Sine sole si/eo, disent les cadrans solaires des villas patriciennes. Ainsi l'Italie. Sans soleil, elle se tait.
Une telle habitude de l'esprit n'est point favorable au christianisme. Le christianisme, né d'un désaccord entre le dehors et le dedans, pénétré du sentiment de l'impuissance humaine, plaçant la réalité suprême au dessus et au delà, et n'étant presque fait qu'avec de la vie intérieure, n'est point chez lui sous ce climat d'harmonie, de tendresse et de volupté. L'Italie a donné à l'humanité de très grands chrétiens. File lui a donné peut-être le plus grand de tous, le divin Poverello d'Assise. Il est à remarquer qu'elle les inspira lorsqu'elle-méme, enfoncée dans la nuit universelle du moyen âge, semblait arrachée à sou sens, et que ceux qu'elle produisit, génies d'équilibre, de mesure et de clarté, moins (ils du rêve que de l'action, paraissent se ressentir, dans leur sens pratique et pour ainsi dire politique, de l'influence hcnreuse de cette terre de beauté. A sou contact bienveillant, le christianisme se mitigé, s'atténue, s'humanise, s'égaie, se réconcilie avec les hommes et avec les choses; et, lorsqu'à la Henaissance, ritalie est rendue à son origine, il s'organise et se
réduit dans FEglise catholique, apostolique et romaine. L'Eglise catholique, apostolique et romaine, moins que chrétienne, est surtout, comme son nom l'indique, romaine. Elle est une expression splendide, la plus stable et la plus considérable, de cette romanitas dont saint Augustin inventa la parole. Merveilleusement avertie de la structure toute latine de Fàme italienne, au courant de ses besoins comme de ses possibilités, au lieu de détruire un passé si profondément inscrit aux racines du sol et aux catégories de l'esprit, elle le transforme; au lieu de renverser le Golysée, elle le consacre; au lieu d'abattre les obélisques de granit que dressèrent les Gentils, elle les termine d'une croix légère qui ne les défigure ni ne les altère. Tout est maintenu de l'ancienne civilisation qui a régi le monde, et non seulement la langue, mais les institutions, les traditions et les pompes, l'ensemble et le détail, l'organisme et le bibelot, et comme on a fait des paroisses avec les municipes, avec les cratères antiques on fail des bénitiers. « Nous pouvons dire, écrit un des plus fidèles employés de la Curie, l'humaniste Flavio Biondo, que l'état de choses actuel est semblable à celui des anciens, puisque le Pontife romain semble s'acquitter de l'office et répondre au rôle du consul; les cardinaux correspondre au rôle du Sénat, les rois, les princes, les ducs, les marquis correspondre au rôle des légats, des questeurs, des tribuns de milice, des préfets de Gouvernement, des centurions et des décurions... La multitude des évèques et des autres ecclésiastiques fréquentant la curie tient la place des magistrats qui administrent, ou les charges de la république, ou les diocèses des provinces... La basilique de Saint-Pierre est le Prétoire... Aussi, sans oflense, pouvons-nous dire que l'Eglise romaine et la république romaine sont semblables '. »
1. « Simileni itaque presenlis rei stalum esse hinc diciniii?. quia pontificein romanuiii consulis, cardinales senaioruni, principes, duces,
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Comment demander k ce peuple, épris de réalité sensible, qui ne saisit l'idée que par sa forme plastique, qui ne comprend que lorsqu'il voit, qu'il sent, et qu'il touche, un culte uniquement spirituel, un culte qui ne soit qu'en esprit? Il avait trouvé le paganisme : on le lui conserve. Les dieux antiques, les beaux dieux nobles et calmes, n'ont jamais déserté leur patrie. Ils gardent leurs fidèles et leurs légendes. C'est à peine si on les débaptise ou les démarque, si on appelle Marie l'cincienne Vénus, saint Pierre, l'ancien Zens. Le peuple s'agenouille devant leurs images glorieuses, taillées dans le marbre, coulées dans le bronze, peintes contre les murs, qu'il continue h prendre pour leurs personnalités réelles. Il continue à aller à eux en procession, les mains chargées d'offrandes, de nourritures, de fleurs, de parfums, d'animaux, pour se les rendre favorables; et eux continuent leur rôle d'autrefois. Ils restent ce qu'ils étaient dans le monde antique, des patrons familiers, accessibles, intéressés aux petites alfaires d'un chacun, des protecteurs indigènes, locaux, qui président aux corporations, aux lares, aux fontaines, qu'on prie avec les mômes formules, qu'on évoque dans les mômes occasions; et comme jadis Milon, avant de tuer Clodiiis, avait imj)loré telle déité, aujourd'hui Olgiali implore saint i\mbroise avant de tuer le Visconti.
C'est à peine si le dogme s'altère. « Le christianisme, écrit le pape Pie II au sultan, n'est qu'une nouvelle leçon plus complète du souverain bien des antiques. » Ce qui, pour d'autres, constitue l'essentiel du christianisme, l'idée de .péché et, par conséquent.
lu.irchiones, comités et alios christiani orbis nobiles. legatorum, qu.i'slorum, tribunorum luilitum, pr.erectoriiin priL'sidiis, cenliirioniitn cl (lecurionuin. oflicio fungi et respondere videttir. Kpiscoponim vern et alioruiM ecclesiasticorum inultitudo romanain frequentans curiani. iiiagistratum obtinet locuin, per quos aut reipublica' ((fficia, aiit singuliP provincianun diocèses administrentur... Pétri ipsiiis basilica est pretorium, consul est pontifex... Non itanue injuria dixisse videinur, roinan.i- olim reipublica> similom esse ecclesiasticaui rt-ui rouiauani. > (Fi.AVio UioMx), Opéra. Baie, 155!», p. 211.)
celle d'expiation, demeure au second plan. L'âme n'est point compliquée de pensées importunes ; on ne lui demande pas de trahir sa nature classique, de se replier sur elle-même, de se livrer à un examen quotidien de ses fautes, de puiser dans le sentiment douloureusement fortifiant du remords des énergies nouvelles pour la bataille du salut ; on la confie à un guide bienveillant, à un spécialiste habile qui la soutient, la conseille, la dirige, la panse, la lave, la relave et la guérit. Les églises italiennes, les dômes, les cathédrales, les basiliques que la beauté élève ne sont point, non plus, des lieux df retraite et de contrition. Construites dans l'équilibre pt l'harmonie, elles ne s'élancent pas au ciel, n'y dressent point de pinacles, n'y tordent pas de crochets, n'y accumulent pas des masses tourmentées et éperdues, elles s'étalent sur la terre qu'elles semblent étreindre et à laquelle elles demeurent fidèles. Elles s'ouvrent sur la place qu'elles continuent et qu'elles embellissent. On n'y vient point se recueillir et se ressaisir dans la solitude et l'intimité, on y vient flâner, prendre le frais, voir les gens. L'œil se distrait de belles formes, de belles couleurs, de belles voix. On y est bien. On n'y est pas chez Dieu, on y est chez soi. On y danse, on y joue, on y dîne. On y fait des affaires et les cent pas. On y écoute un homme savant, qui, du haut de la chaire, commente le poème de Dante ou récite des poésies latines. On y apporte tout ce qu'on a de beau, de précieux, les marbres profanes qu'on retrouve, les drapeaux, les trophées conquis sur l'ennemi'. C'est le forum, un forum cou-
1. Une nouvelle de Sacchetti débute ainsi: Certi Fiorentini erano a ceva in una cliiesa di Firenze. San-Bernardino dans son sermon 38, Dei mercatanti e de' maestri e coine si deve f'ave le tnercaiik-ie, s'élève contre ceux qui trafiquent dans le Dôme de Sienne. A Pérouse, le 18 avriH482, Astreo récite, dans l'église de Santa-Maria Maggiore, une élégie en Ihonneur de Platina. A Florence, le 16 janvier 1428. rnaitre Antonio dArezzo expose Dante dans Téglisc de San-Stefano ; l'église se trouvant trop petite, il continue dans l'église de Santa-Maria dcl Fiore. A Naples, on attache im cochon vivant à une corde qu'on monte et qu'on descend dans l'église par le moyen dune poulie : c'est à qui,
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vert et protégé, bon lorsque la pluie ou le soleil rend l'autre impraticable. Il faut entendre, dans un dialogue d'Alberti, un Médicis parler de Sainte-Marie de la Fleur de Florence, où il se promène avec ses amis. « Ce temple, s'écrie-t-il, a en lui grâce et majesté; et ce qui me délecte, ce que j'ai longuement considéré, c'est que je vois, réunies dans ce temple, une gracilité charmante à une solidité robuste et pleine, tellement que, d'une part, chacun de ses membres semble placé Ik pour la grâce, el que, d'autre part, je comprends que chaque chose y est faite et affirmée à éternité. Ajoute qu'ici habite, si on peut dire, la continuelle tempérance du printemps; dehors, vent,, gel, bruine; ici, dans celte retraite close à tous les vents, un air tiède et tranquille; dehors, les bouffées de l'été et de l'automne; ici un asile très clément. Et s'il est vrai, comme on dit, que les délices sont là où nos sens reçoivent tout ce qu'ils peuvent exiger de la nature, qui hésitera à appeler ce temple nid des délices? Ici, où que tu regardes, tu vois partout exposées l'allégresse et la joie ; ici toujours un parfum embaumé ; et ce que j'estime par dessus tout, tu éprouves à ces voix du sacrifice et à ces rites que les anciens appelaient mystères, une suavité merveilleuse'. »
parmi les Gdèles, pourra s'en emparer. Le vesperie sont des fêtes célébrées dans les églises « où se réunissent des gens masqués qui prononcent des paroles honteuses, jouent à des jeux puérils et chantent des obscénités ».
1. « F, certo queslo tempio ha in se grazia e niaestà: e, quello che io spesso considérai, mi diletla, ch'io veggo in queslo tempio giunta insieme una gracilità vezzosa con una sôdezza robusta e piena ; taie che da una parte ogni suo mcmbro. pare posto ad amenità ; e dall'aUra parte comprendo che ogni cosa qui è fatta e affiruiata a perpeluità .\ggiungi che qui abita continuo latemperie, si puo dire, délia primavera ; fuori, vento, gelo. brina : qui entro, socchiuso da' venti, qui ticpido aère e quieto; fuori, vanipe estive e autunnali; qui entro temperalissinio refrigerio. K s'egli è, conie dicono, che le delizie sono quando a' nostri sensi saggiungono le cose quanto e nuali le richiede la natura, chi dubiterà appellare questo tempio nido délie delizie ? 0»'. dovunque tu miri. vedi ogni parte esposta a giocondità e lelizia; qui sempre odoratissimo ; e, quel ch'io sopra tulto stimo, qui senti in queste voci al sucrificio, e in questi, nuali gli antichi chiamavano misleri, una soavità maravigliosa. » (LKosE-B.\TTisr.\ Ai.bkkti, 0/>ere voh/ari, vol. I, p. 8.)
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Et de môme que plus que la maison de Dieu, l'église est la maison commune, plus qu'une vie intérieure, la vie religieuse est une vie publique. Les secrètes pensées qui peuplent la solitude, les souffrances intimes, les aventures poignantes du drame moral d'où sortent les apostasies et les conversions sont naturellement étrangères à l'habitude mentale de ce pays. Pour se repentir, pour croire, pour prier, il faut être au moins deux, sinon foule. Si l'on feuillette l'histoire religieuse d'Italie, on verra qu'elle est principalement faite d'explosions en masse, de commotions en bloc qui entraînent, soulèvent et apparient une ville, une province, un peuple confondu. Le phénomène strictement personnel, l'idée de devoir et de responsabilité morale, tout ce qui implique et constitue l'individu, est un phénomène protestant, non italien. L'Eglise italienne épargne à la conscience ce travail grave, réfléchi et prolongé qui a occasionné la Réforme. Ne la laissant jamais seule vis-à-vis d'elle-même et de son Dieu, elle la déshabitue des isolements dangereux; et, pour l'arracher aux abîmes, elle l'arrache aux sommets. Plus que d'une adhésion profonde de l'être intime, qui est profonde etqui, par conséquent, demeure secrète, elle se montre jalouse de signes évidents, d'actes manifestes, accomplis en public et offrant l'avantage d'aflirmer au public une foi patente ; elle insiste sur le détail des jeûnes, des processions, des oblations agréables, des sacrifices expiatoires, des pratiques rituelles et ordonnées. La religion reste ce qu'elle est chez les anciens, un lien social, une légalité sacrée, la plus solennelle des fonctions. Elle est une discipline, et l'Eglise qui la monopolise, la constitue et la régit, est un Gouvernement.
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Au Quattrocento, elle n'est plus qu'un Gouvernement.
La papauté est affaiblie, déchue de sa grandeur primitive, ramenée sur la terre des hauteurs oii l'avaient conduite un Grégoire le Grand, un Innocent III et, h tout prendre, unBoniface VIll. Home peutse désoler dans un Lmnento : « Où maintenant est Pierre, mon premier mari, où Sylvestre, où Grégoire, où le bon Clément; où est Urbain et ceux qui l'ont suivi*? » Le soufflet d'Anagni cuit toujours sur sa joue. Elle a été mise en enfer par x\lighieri. Elle a souffert de la captivité de Babylonequi, pendant soixante-dix ans, a transporté son siège à Avignon. Elle a souffert du schisme d'Occident, qui l'a fendue en deux, si ce n'est en trois. Elle souffre des conciles qui s'organisent à Pise, à Constance, à Belle, se dressent contre elle, prétendent recevoir leur sanction du Christ, opposent leur autorité à son autorité. Une moitié de l'humanité pensante va lui échapper. Un mouvement de révolte s'organise. La gigantesque hiérarchie s'ébranle. Elle en a conscience et s'armant d'autant plus prend l'épée ou le couteau.
Regardons les neuf papes qui se succèdent sur le siège apostolique du xv' siècle: Martin V^ (1420-1431), Eugène IV (1431-1447), Nicolas V (1447-145o), Calixte III (1455-1458), Pie II (1458-1464), Paul II (1464- 1471), Sixle IV (1471-1484), Innocent VIII (1484-1492), AhîXiindn' VI (1492-1503). Ce sont moins des représentants de Dieu sur la terre, les élus, les investis, les infaillibles, que des hommes aux humaines faiblesses, ;i l'autorité fripée, au prestige troué, matière de pas-