‹ Le quattrocento (volume 2)Chapitre 21 sur 77 · Dov' è mo Pietro mio primo marito · texte numérisé non relu

Dov' è mo Pietro mio primo marito

O Silvestro, o Gregorio, o bon Clémente Dov'è Urban e quel che lan seguito? »

(Medin e Frati, Lamenlistorici dei secoli XIV, XV, XVJ. Bologne, 1887; 3 vol. Il, p. 35.)

quinades avant Pasquin'. Les gamins de Florence chantent la chanson derrière Martin V : Papa Martino, signorc di Piombino, duca d'Urhino, non vale un lupino. Eugène IV, travesti comme un comédien, doit s'enfuir sous les targes d'une barque; Sigismond Malatesta demande à Pie II si les excommuniés continuent à boire le bon vin la même chose ; Savonarole appelle Alexandre VI, qui le couvre de ses foudres, une vieille ferraille, un ferrorotto.

On remarque chez ces rois de l'Eglise, dans leurs propos et dans leurs gestes, dans l'accident de leurs petites passions et de leurs petits intérêts, un air voisin, immédiat, une façon d'être qui n'écarte plus, qui rapproche. Les épisodes du conclave d'où sortira Pie II se déroulent dans les latrines'-. Paul II est occupé de savoir si l'empereur porte au chaton de sa bague une aussi belle pierrerie que la sienne. Martin V souffle les chandelles inutiles. Eugène IV lit son bréviaire de moine. Nicolas V est un bibliomane bilieux, nerveux et actif, comme Paul II est un numismate gras, placide et très vain. Lorsque le petit libraire Vespasiano visite Nicolas, celui-ci est content, se sent à l'aise, ordonne qu'on ferme les portes et qu'on les laisse bavarder à leur plaisir. « Hein, Vespasiano, lui demande-t-il, à la confusion de beaucoup de superbes, est-ce que le peuple de Florence aurait cru qu'un prêtre à sonneries cloches pût devenir pontife •^? » Pie II donne

1. Quelques-unes d'entre elles sont sanglantes. Ainsi celle-ci en forme de prière à Dieu :

« Il tempio di San Pier fatto è rufflano ; Una puttana el governa e possiede In modo tal, che per tutto si crede Che tu sia facto al papacapellano. »

{Giorn. slor. délia lelt. IL, XIX,]). 455.)

2. « Convenere apud latrinas plerique cardinales. » (.^-^xe.vs-Sylvius, Commentarii.)

3. « Sendovi forse venti doppieri accesi, s'erano accostati quattro dov'era la Sua Santità ; accennù che si discostassino, e rimosso ognuno cominciù a ridere, e si me disse : a confusione di moiti superbi, Vespasiano, avrebbe creduto il popolo di Firenze che uno prête de suonare caïupane, fusse istato fatto soinnio pontefice?» (Vespasiano, )'/7e,p. 33).

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audience sur les prés, se promène parmi les montagnes, accepte à boire à l'écuelle d'un berger, se rappelant Artaxercès.qui trempa ses lèvres aux mains jointes d'un quidam. Une femme le visite à Sienne et lui raconte quVlle est poursuivie par un prêtre de sa suite et qu'il fasse cesser ce scandale; alors doucement le pontife lui raconte la troisième nouvelle de la seconde journée de Boccace, oii il est parlé d'une dame qui. étant follement amoureuse d'un jeune homme et ne sachant comment le lui faire assavoir, va au confesseur et lui demande de morigéner l'innocent'. Paul II jette en riant des sous à la population, qui godaille sous ses fenêtres. • Alexandre VI. alors qu'il n'est que cardinal, est « un beau jeune homme, d'aspect agréable, de présence plaisante, de parole ornée et gracieuse, qui émeut irrésistiblement les belles femmes qu'il a vues à l'aimer et les attire de façon merveilleuse, plus que la calamité le fer- ». La nuée qui entourait Moïse sur le Sinaï est dissipée. Comme dit le Lamenta, où est Grégoire qui, pendant deux jours et pendant deux nuits, fit attendre à sa porte, les pieds nus dans la neige, l'empereur Henri IV? Sous l'idée pontificale qui s'elFondre apparaît le pontife. Le dieu s'envole : reste l'homme.

Jadis l'ombre de Rome se projetait sur l'univers immense. Rome n'était pas qu'un Etat d'Italie : elle était le centre de la chrétienté. Aujourd'hui Rome n'est I)lus qu'un Etat d'Italie. Il s'étend du Garigliano aux confins de la Toscane ; il possède de vastes territoires

\. << Obstupuit ad ea Pontifex. moxque Boccatii fabularn animo vohiit, in qua inulier introducitur adolescentem amans, qua* cuni alio pacto amorem suum indicare illi non posset, confessorem adiit. rojjravitque ut adolescentem corriperet, tamquam sibi molestiis esset. hortum noote ingrediens atqiie conciibitum petens. Corrcptus ille, cuni se purpasset et sa-pius, neque satisfecisset miilieri, cognovit tandem quod qii.iTebatur ; et viam edootus ad fœminam. amanti niorem pessit. Confessor isnarus. dum prohibere peccatum nititur, suadet. Recitavit Pontifex fabulam mulieri. » {Opéra inedila, p. .'121.)

■2. «< Forniosus est, hi'tissimo vultu. aspectii jiicundo. lingua ornala at<|ne mclliflua, qui mulieres egregias visas .id se amandum gratior allicit, et mirum in modum roncitat. plus quam magnes ferrum. • (Gaspakb Veruxesb, Vila Pauli II.)

et des villes sujettes, Bologne, Urbin, Faenza, Ancône; il a des droits de vasselage, trois universités, des rentes à percevoir, des intérêts à régir. Il s'agit de ne point le laisser tomber en déshérence. Il s'agit de maîtriser les puissantes familles autochtones, les Orsini, les Colonna, les Savelli, les Prefetti di Vico, qui le déchirent en se le disputant. Il s'agit en face d'elles, malgré elles, de se caser, de se fortifier et de se maintenir. Il ne s'agit de rien d'autre. Là s'arrête tout dessein. Autrefois l'ambition de Rome embrassait le monde ; aujourd'hui l'ambition de Rome se restreint à l'intérêt d'un neveu à servir ou à une tour crénelée des Romagnes à garder.

Au début du Quattrocento, Rome conserve une indépendance municipale. C'est une commune comme les autres communes, se régissant elle-même, maintenant ses institutions et ses droits. Martin V, qui s'y établit en 1420, la soumet aux Colonna de la même manière et pour les mêmes raisons que les Médicis soumettront Florence aux Médicis et que les Sforza soumettront Milan aux Sforza. Mettant au-dessus de l'intérêt universel de l'Eglise l'intérêt suprême de sa maison, Martin V n'est pas un pape, c'est un Colonna; et si on grave sur la tombe de ce prince, parti « sans terres », mort maître chez lui, Temporum siiorum félicitas, ce n'est point qu'il ait mis tin au schisme, c'est qu'il a purgé la campagne de brigands, relevé les maisons, assuré les routes, initié un commencement de Gouvernement durable. Il a été bon administrateur, bon policier, bon soldat, bon politique. Et, à sa suite et comme lui, les autres papes seront surtout politiques, soldats, policiers, administrateurs.

A peu près tous se battent, depuis Eugène IV qui, selon Poggio, était « de nature très inclinée à vivre en guerre », jusqu'à Alexandre VI, qui emploie comme condottiere son propre fils. Eugène IV tranche la tête au dernier Prefetti di Vico. Paul II abat la puissance des Malatesta

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et des Anguillara. Sixte IV s'empare par trahison de Lorenzo Colonna, à qui il a promis la vie sauve et qu'il décapite, malgré la foi de sa promesse. Aux funérailles du malheureux, la mère s'empare de la tête coupée et, la montrant aux Romains : « Voilà, s'écrie-t-elle, la foi du pape ' ! » Innocent VIII hénit les artilleries de son lils Riario. Sixte IV, selon une épigramme que nous avons déjà rapportée, meurt à l'annonce de la paix.

Non qu'ils soient de méchants hommes ; nous les voyons souvent animés d'une piété véritable, braves gens, bons cœurs, Eugène IV, Nicolas V; placés dans cette Italie qui garde une perpétuelle attitude de quivive, héritiers d'une position qu'ils n'ont pas créée et enfoncés dans une impasse dont ils ne peuvent sortir, il ne leur est pas loisible d'agir autrement. « 0 Gabriele, se disait à lui-même en mourant le pape Eugène IV, combien il aurait mieux valu pour la santé de ton àme que tu n'eusses été ni pape, ni cardinal, mais que tu fusses mort religieux-! »

Pour que Rome, état politique, subsiste, il lui appartient d'employer les moyens courants des autres Etats politiques d'Italie, de propager la haine entre ses voisins, de semer la discorde entre ses rivaux et, au lieu de laisser accomplir à la loi d'amour dont elle a mission un apaisement dangereux, de maintenir l'Italie en une inimitié réciproque profitable. C'est ainsi que les vicaires du Christ ont des /travi à leur solde, des espions, des soldats, des condottières, généralement des cardinaux, les Vitelleschi, les Scarampa, les Riario, les délia Rovere, les Rorgia, qui, en chapeau rouge, égorgent. Plutôt que de céder une miette de territoire,

1. « Questo é la testa del mio Ggliuolo e la fede di papa Sisto! » (Allegbetti, Diario, p. 817.)

2. « 0 Gabriello (ch'era il nome suo), quando sarebbe suto nieglio per la salute deU'aninia tua, che tu non fussi mai sulo né papa, né cardinale, ma fussiti uiorto nella tua religione ! » (Vespasiano, Vile, p. 20.)

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ils aiment mieux appeler l'ennemi national, Tétrangei*, ils aimeraient mieux appeler l'ennemi chrétien, le Turc. Les touchant plus directement que les aiïaires de l'Eglise, dont la destinée, à leur mort, passera à d'autres mains, ils ont tout près d'eux une famille, des neveux; depuis Innocent VIII, des lils : à coups de bombarde ou de couteau, par la traîtrise et par le poison, volant, assassinant, faisant de tout litière, ils taillent à leurs fils des Etats dans les principautés de l'Eglise. Martin V avait doté les Golonna ; Eugène IV pourvoit ses neveux Condulmieri ; Calixte III donne aux Borgia les pierreries des reliures de la Vaticane, que ceux-ci portent à leurs bas ; Sixte IV sert une rente de 60.000 ducats à son fils; Innocent VIII assassine Girolamo Riario pour donner son Etat de Forli à son fils ; Alexandre VI engraisse et gave ses enfants au point de soulever l'indignation générale. Leur office est moins celui de saint-Père que celui de père prévoyant. C'est au Quattrocento que se fondent les grandes maisons pontificales des Piccolomini, des délia Rovere, des Borgia. L'intérêt suprême de l'Etat, l'intérêt immédiat de la famille, tels les pôles de l'horizon apostolique. 11 semble que la religion soit absente du domaine de la Curie. A vrai dire, elle est absente. Dès qu'un mouvement de ferveur ou de réveil religieux se dessine quelque part, la papauté intervient et l'entrave. En 1400, Boniface X condamne au supplice le promoteur des processions des Bianchi; en 1427, Martin V cherche une querelle à san-Bernardino ; en 1466, Paul II persécute les Fraticeili delV Opinione ; en 1498, Alexandre VI excommunie Savonarole. Non que les Bianchi, que les Fraticeili, que Bernardino, que Savonarole soient hérétiques : ils ont le tort d'être trop fervents. « Le trop de religion gâte le monde », disait Guichardin'; et cette religion, lorsqu'elle est mise en

1. « La Iroppa religione g msta il mondo, perché effemina gli animi,

cause, sert do prélexio ou de moyen, non de but ou de fin. On l'emploie à des destinées humaines. Si Kugèno IV proclame le Concile d'union, ce n'est point qu'il désire ramener dans le giron la grosse fraction schismatique de l'orlhodoxie, ces! qu'il s'agit d'apporter une heureuse diversion au concile de Bàle proclamé contre lui. Si, à partir de Xicolas V, les Papes se dressent contre le Turc avec une impétuosité qu'il faut savoir reconnaître, ils prêchent moins une croisade contre l'infidèle qu'ils n'organisent une défense conlre l'envahisseur. Le Turc a pris Constanlinople; le Turc s'est emparé du duché d'Athènes et du despotat de Morée. Il est en Grèce, en lUyrie, en Bosnie, en Albanie. Il est aux portes d'Italie qu'au moindre signe il peut envahir par les deux portes ouvertes de la Carniole et du Frioul. Le danger est grave, aussi imminent pour la Péninsule et pour Rome qu'à la veille de l'invasion barbare. Alors Pie II se dépense, recueille de l'argen', remplit l'Europe de mandataires, écrit du latin à Mohamed, convoque un Congrès à Mantoue, donne rendez- vous à la flotte chrétienne à Ancône, et vieux, perclus, épuisé, meurt à la tâche, les yeux fixés sur l'Orient, La tentative avorte : comportait-elle tant de sérieux qu'elle dût réussir? A Mantoue, il semble que le pontife soigne surtout sa réputation littéraire. « Le silence ayant été ordonné, écrit-il, il pérora environ pendant trois heures devant une si grande attention de l'auditoire qu'aucun mot ne fut perdu ou incompris, et quoiqu'on ces jours il souffrît très gravement de la toux, il ne toussa jamais et ne montra pas le plus petit empêchement; il i)arla »le la guerre qu'il fallait faire contre le Turc, très copieusement, démontrant qu'elle n'était pas seulement utilo, mais encore juste, très facile et nécessaire. Son discours fut publié dans la suite... Lorsqu'il eut fini, le cardinal grec, Bessarion,

avviluppa fjli iiomini in mille errori e divertisceli da moite imprese generose e virili. » GuiccuRniM )

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parla pour le Collège; sa harangue fut louée; mais elle fut la preuve de combien l'éloquence latine dépassait l'éloquence grecque'. »

Ce qui demeure de foi dans l'habitude des grands ou dans l'ingénuité des couches populaires est détourné de son sens, pour être asservi à l'intérêt politique ou pécuniaire de la Curie. Avec la religion, on se défend ou on s'arme, et comme il faut de l'argent pour maintenir sa force et son luxe, avec la religion on bat monnaie. Tout est offert, taxé, troqué. On vend les charges, on vend les prébendes, on vend les bénéfices, « comme ailleurs les pastèques », dit un contemporain; on vend la pourpre cardinalice; on vend jusqu'à la tiare pontificale, qu'Innocent VIII achète à deniers comptants. Et lorsqu'on ne sait plus quoi vendre, on vend le vice, on vend le péché. Pour une somme d'argent, on peut commettre un crime. Le vol, l'assassinat, le parricide, sont tarifés; d'avoir tué ses deux iilles, ça coûte à quelqu'un 800 ducats; avec 150 ducats, on peut se payer un adultère. «Le Seigneur, disait le vice-camerlingue d'Innocent VIII, ne veut pas la mort du pécheur; il veut qu'il vive et qu'il paie! »

Rome se décore et se pare à mesure qu'elle se fortifie et s'étend. En cela encore, elle imite les autres signories. Elle accueille la Beauté, étudie les lettres profanes et introduit aux portes de bronze de la Basilique de Saint-Pierre, les figures de la Louve, de Romulus et de Rémus, de Jupiter, de Ganymède, de Léda. L'humanisme qui est né en dehors de l'Eglise, qui, à tout prendre, est né contre l'Eglise, est accaparé

1. « Imperfito silentio, horis circiter tribus peroravit, tanta auditoruni attentione, ut nulluni exciderit non intellectum verbum et quamvis tussi per eos dies laborasset gravissime... neque tussuit unquam, neque vel minimum ostendit impedimentum.De belloinTurcas gerendo, muita copiose locutus, id non modo utile, yerum etiam justum, faciliimum ac uecessarium dçmonstiavit. Ejus oratio post modum édita est... Pontifex cum finem fecisset, Bessarion cardinalis gra'cus locutus... Laudata est ejus oratio etsi gnecam facundiam quantum Latina praeiret ostcnderit. » (/I'^xeas-Sykvuis, Comm.)

par l'Eglise. On ne se demande pas si ce culte exclusif de lanliquité est dommageable a l'idée chrétienne. On remarque qu'il est une force nouvelle, et on met la force nouvelle de son côté. Bien mieux, avec les papes Nicolas V et Pie II, c'est l'humanisme qui s'assied sur le trône pontifical. Car, en définitive, qu'est-ce autre chose qu'un humaniste que ce petit Tommaso Parentucelli, humble donneur de leçons, qui est remarqué par son goût et sa pratique des lettres? A la mort d'Eugène IV, il lui arrive de prononcer une oraison funèbre si éloquente « qu'à part ses autres vertus, écrit Vespasiano, étant nouveau dans le Collège, cette oraison poussa les autres à le faire pape'». Tout s'enchaîne. Lorsqu'il meurt lui-même, il est pleuré par Filelfo, qui ne parle que du désespoir des Muses et d'Apollon.

Nicolas V est un Mécène'-. Il profite de son élévation pour satisfaire les deux grandes passions de sa vie, qui furent d'acheter des livres et de murer. « Lorsque l'opinion du vulgaire, pensait-il, est fondée sur le consentement des hommes savants et sur de grands édifices... le crédit s'établit et s'affirme tellement qu'il passe des admirateurs présents aux admirateurs futurs. » Il porte le nombre des manuscrits de la Vaticane de 4UÛ à 1200, et il construit tant d'édifices que le poète Brippi peut bien dire que, pendant mille ans, les papes n'en ont pas construit autant. Il réédilie ou restaure Saint-Théodore, Saint-Etienne le Rond, Sainte-Marie-Majeure, la fontaine Trevi, Saint-Jean de Latran; il bàlit sur le Capilole le palais des Conservateurs ; il bâtit le palais de la

1. « Fù reciinta tanto ilegnaniente e con lant.i eloquenza, e soddisfece in modo a tutto il coilegio dei cardinali e a quegli che vi si trovavano che oitre alla sua singular virtù, sendo nuovo in questo colleîjio, quesla orazione mosse i cardinali a farlo papa. » (Vbspasia.no, Vite, p. 32.)

2. biir Nicolas V. v. Vespasiano, Vile. p. 20. — Giaxo/j;!» Manrtti, Muralori. Reruni, 111. 11, 1)07. — Giorgi. Vita Mcolai \\ Rome, 1142. — Zanelli, // puntefice Sicolo V e il risorr/imenlo délie arli. délie lellere e délie scienze in Ilalia, Rome, 1855. — Sfor/a, La l'nlrin. ta Famir/lia ed i parent i di papa Niccolo V, Alt. délia R. \c. Lucche^e. Lnctjues, 1884. p. 400. — Miintz. Les Arts à la cour des papes. Bibliothèque des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome. Paris. 1878-1882.

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Monnaie; il élargit le pont Saint-Ange. C'est toute la ville qu'il veut reconstruire selon un plan idéal conçu dans sa tète. Le palais du Vatican était tombé dans un tel abandon « qu'aucun être raisonnable, à parties volatiles, n'auraient voulu l'habiter >; : Nicolas V le restaure, l'aménage, l'agrandit, le dote de la chapelle Saint-Laurent, de la Bibliothèque, de la salle des Palefreniers, du Belvédère ;il abat, à côté, l'ancienne basilique de Saint- Pierre pour en commencer une nouvelle. Du môme coup, il fortifie VU?'bs de citadelles, de tours, de murs d'enceinte ; jusqu'à la Curie qui se clôt d'une haute muraille qui la rend inaccessible! Le Borgo n'est plus l'asile ouvert aux infortunes; c'est la place forte verrouillée et cadenassée contre les assauts du dehors et les coups de main du dedans.

Les cérémonies sont relevées d'une pompe magnifique; les prélats sont vêtus de soie et d'or; les autels des églises, les attributs du culte, jusqu'aux ustensiles de la domesticité, couverts de pierreries. Nicolas V met des diamants et des perles à la couronne d'épines de Jésus ; et cette couronne ne vaut plus par ce qu'elle rappelle, elle vaut par ce qu'elle coûte. 11 se plaît aux bois finement travaillés, aux lices précieuses, aux blancheurs des statues, à l'éclat amorti des orfèvreries. 11 a autour de lui une nuée d'architectes, Bosellino, Antonio di Francesco, Ridolfo Fioravante, Leone-Battista Alberti; une i.uée de peintres, fra Angelico, Piero délia Francesca, Andréa del Castagno, Benedetto Bonfigli; une nuée d'ébénistes, de joailliers, de tapissiers, de brodeurs, et des copistes, des humanistes, des hellénistes, des érudits qu'il stimule, fouette de son rêve impatient de beauté.

C'était dans le prix d'une tiare que Nicolas V mettait la grandeur de l'Eglise, c'est dans la majesté de sa propre personne que Paul II la salue. Il faut tout le bon sens du Sacré-Collège pour empêcher ce Vénitien bel homme de prendre, comme nom apostolique,

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