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CHAPITRE III

I. L'humanisme à Rome et à Naples fut une importation étrangère.

II. Home. — Son état de désolation au Quattrocento. — Sa population. — L'Efilise. — Les humanistes, secrétaires apostoliaues. — Leur mission, leurs habitudes et leur œuvre. — Lorenzo Valla. — Inlluence de Lorenzo Valla. — Les universités de Bologne et de Pérouse ; l'imprimerie ; les cardinaux lettrés. — Xiccolc Perotti, Giovannantonio t.ampano, Bartolommeo Platina. — Pomponio Leto. — L'Académie rom.iinc.

III. Naples. — Son climat, sa population et sa cour. — Le roi Alphonse d'Aragon le Magnanime — Essor qu'il donne au-x lettres latines. — Premiers humanistes qu'il appelle. — Antonio Beccadelli, dit // l'anonnila. — Gioviano Pontano. — La nouvelle génération à l'œuvre. — L'humanisme napolitain se traduit en poésie. — h'Accailem ia pon la n la n a .

Trois villes donc, Florence, Milan et Venise, contribuèrent à la naissance de rhumanisme.

Deux autres villes, Rome et Naples, accueillirent rhumanisme sorti du berceau. Rome et Naples ne se trouvaient pas eu elîet, au début du Quattrocento, dans des conditions sociales et politiques de nature à produire le mouvement nouveau : l'une vidée par le schisme, l'autre en proie à une guerre dynastique, et toutes deux plongées dans l'ignorance.

Aussi bien l'humanisme fut chez elles une importation. Il n'y fleurit que sur le tard. On doit dire qu'il s'y acclimata et s'y développa comme s'il y était né.

Durant le Quattrocento, Rome offre un singulier spectacle de grandeur et de misère, de luxe et de barbarie, de culture fine et de rude grossièreté. C'est la

ville des papes dans un décor de ruines et dans un repaire de brigands; et le contraste est frappant entre la pompe de l'Eglise et la sauvagerie de la société et du lieu.

Au début du siècle, la Ville élernelle est réduite à un tel état d'abandon qu'elle semble, « dans l'état oii les bergers la fondèrent ». « Nous la voyons, dit Leone Battista Alberti, toute gâtée et désolée par la ruine' .» « Elle git dans la prostration, dit Poggio, dépouillée de toute majesté, comme un gigantesque cadavre pourri. » Les rues sont des fondrières et des égouts; la vigne et la ronce grimpent aux marbres; dos tavernes dejuiverie et de friperit; s'accrochent aux colonnes du Panthéon. Les hôtes paissent sur le mausolée d'Auguste; les loups rôdent jusqu'à l'entour du Vatican; un jour, des taureaux épeurés se réfugient dans Saint-Pierre. (( Rome, s'écrie Vespasiano, est devenue une terre de vachers^ . » « Poussés par la douleur, s'écrie Flavio Biondo, nous voulons faire savoir aux contemporains et à la postérité qu'aujourd'hui, par détermination prise de nos jours, au forum romain, non ailleurs, a lieu le marché aux cocbons'^ » La campa,gne qui envahit la cité ne projette qu'une image agrandie de cette désolation : « Un air maudit, écrit Matteo Franco a Bibbiena ; des hommes turcs; des choses exécrables; et jour et nuit à combattre avec bravi, avec soldats, avec divers, avec chiens enragés, avec juifs, avec fous, avec tri tes, et avec romaneschi'* . » Le fumier, la fumée, les immondices, souillent, noircissent, détruisent les calmes

1. « Oggi per la ruina grande la veggiamo quasi lutta guasta e desolata. » {Oper. volg., IV, 231.)

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