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Orbavit nato, carisque nepotibus, at non

Orbavit mentis robore, non animi...

Orbavit genero, non mente aut corde...

Amisi geminos terrarum lumina Reges...

Amisi sociamque domus, doniinamque cubilis

Partem anima!, major pars erat illa mei. Non me discussit belli tremor, Alpibus acta

Tempestas, non me Gallicus ille furor..

... Videmus iniquas

Fortuna; insidias... Quin etiam duros casus, inopemque senectam

Solamur cantu, Pieridumque modis, Et nunc Sebetlii gelidos spectamus ad amnes

Ilinc illinc socias ludere Naïadas.

Et nunc Lucrini madidas de fonte pueilas

Ad spéculum flavas arte ligare comas, Nunc nos ad virides vocat Aatiniana rccessus

Et vocat ad primas blanda puella rosas... Hœc inter varias vario de flore coroUas

Nectit amatori Stella benigna suo. »

{Ibid., p. 3616.)

Pontano ne devait perdre la joie qu'avec le souffle. Il mourut en 1503.

Son œuvre d'humaniste est considérable. Il a écrit sur tout. De grands traités de philosophie morale : De Prudent ia^ De Fortitudine^ De Obedienlia, De Magnitudine; de petits traités de la vie princière : De Liberalitale. De Beneficentia^ De Magni/icentia, De Splendore^ De Co/ju/re/i/m ; des dialogues, Charon^ Antonius, Actiua, .Egidius, Asi?iits ; un livre sur le prince, De Principe ; une histoire de la guerre napolitaine à laquelle il assista, De Bello neapolitano ; six livres sur la Facétie, De Sermone ; quatorze livres en faveur de l'Astrologie, De Rebits cœlestibus ; deuxMxres surTAspiralion. De Aspiratione ; et trois livres sur la Fortune, De Fortuna; et un livre sur la lune, qu'il n'eut pas le loisir d'achever; et des commentaires à Ptolémée; et des vers.

Trois hommes donc, un roi, un poète et un ministre, ont acclimaté à Naples les études nouvelles, qu'ils ont apportées du dehors, — tous les trois sont étrangers, — et qu'ils ont apportées sur le lard. Néanmoins Xaples rattrape le temps perdu. Grâce à la munificence passionnée d'Alphonse, à l'influence agissante de Beccadelli, à l'œuvre entassée de Pontano, Naples peut à la tin du Quattrocento, revendiquer une place littéraire, sans doute au-dessous de Florence, mais à côté de Rome, de Venise et de Milan, et peu importe qu'au zèle véhément du roi Alphonse ait succédé, sur le trône, rindifférence cruelle de son fils Ferrante, Naples peut se passer désormais d'un Mécène ; rien ne saurait arrêter son mouvement. Nous ne sommes plus chez un peuple sensuel et ignare, nous sommes dans une cour fastueuse et somptueuse, riche de livres et de poètes, peuplée de grands seigneurs érudits. Le jurisconsulte Alessandro di Alessandro écrit ses Dies Géniales, oîi il est parlé des songes, des présages et des fantômes. Le patricien Tristano Caracciolo compulse les

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Vies de la reine Jeanne 1"^% du grand sénéchal Caracciolo, de Giovanni-Battista Spinelli ; il raisonne Des variations de la fortwu,, prend la défense de la Noblesse napolitaine^ attaque Vlnquisitinn. Le médecin Antonio Ferrari se montre esprit (in et profond à la fois dans ses œuvres scientifiques : De situ terranim. De mari et acquis et flnviorum origine. De situ elementorum, De situ JapigicB. Giuniano Maggio compose une sorte de vocabulaire latin, De priscorum proprietate verborum. Andréa Matteo Acquaviva commente le De virtute morali de Plutarque, et Diomede Caraffa dédie à Eléonore d'Aragon un traité sur les Devoirs des Princes.

Si de telles œuvres latines ne se distinguent guère des innombrables œuvres semblables qu'un peu partout, en Italie, le moment contemporain accumule, l'humanisme napolitain garde cependant sa couleur. Il n'est arrivé qu'en 1443, c'est-à-dire à une époque où, sorti des langes, il sait son rudiment par cœur, n'a plus que faire des minuties et des pédantismos d'école et peut se rire de la longue et pénible besogne accomplie par le passé. Naples, qui se moque des grammairiens ^, « petits chiens à japper et à montrer les dents, aspics, monstres que l'enfer rejette, botes mauvaises contre lesquelles la nourrice de Beccadelli prononce la formule incantatoire, bonne contre les chiens enragés, » n'a pas à citer à son actif une œuvre qui fasse époque dans l'histoire de l'érudition; elle a de belles pages de chaude poésie à montrer. Le soleil, la volupté, la joie, ont envahi le latin; ils ont brisé son armature savante; ils ont cassé les plis de sa robe roide ; ils ont fondu son âme de métal ; ils l'ont arraché aux tâches infimes des

1. L'œuvre de Pontano est remplie de railleries contre les grammairiens. Citons-en une : « Audieram medicuni sciscitaturus an distillationi frictio esset utilis. Aderat forte jjrammaticus audacia tam importuna, ut respondere inedicimi non passus, objurgare me statim cœperit qnod fricalio non frictio diceretur, nomina enim quae a primœ conjugationis verbis deducerentur, siipinuni habenlibus in itinri, vel in ictum, pneter cœteroruni verborum legem exire in atio, non in itio, nec in tclio. Itaque fricalio, non frictio dicendum esse. »(/6., p. 1232.)

commentaires, des gloses et des scolies ; ils l'ont redressé de dessus les manuscrits et ils l'ont employé à chanter l'amour, la femme, la nature et la beauté. Ce n'est point en prose que Naples s'exprime, c'est en vers, caria poésie est la langue naturelle de son golfe, recourbé comme une lyre. Beccadelli est poète. Pontano, en dépit de sa lourde œuvre savante, est poète. Et autour d'eux, quelquefois en italien comme Gharileo, plus souvent en latin, les autres sont poètes. Gabriele Altilio (1440-1510) compose des odes, des élégies, un épithalame en l'honneur d'Isabelle d'Aragon, qui le fait comparera Pindare et à Homère. Giano Anisio (1475- 1540) compose une tragédie du titre de Protogonos, des poèmes, des satires. Pietro Gulino, Francesco Poderico, Andréa Contrario, Antonio Marchese, Elisio Calenzio, Girolano Carbone, Pietro Gravina, tous adonnés aux muses. Et le plus illustre d'entre eux sera Jacopo Sannazaro (1458-1530), qui, par son poème. De partu virginis^ ses épigrammes, ses élégies et ses douces églogues de pêcheurs, semble ressusciter Virgile.

Une amitié charmante unit ces hommes : ils se fréquentent, se recherchent, se sourient. Antonio Beccadelli a fondé le Porticus Antonianus, qui, à sa mort, devient ÏAcademia ponfania/ta. et qui, ayant commencé par se réunir dans la bibliothèque royale, autour du Magnanime Alphonse, passe à la mort du roi dans le palais et la villa de Panormita, et à la mort de Panormita dans le palais et la villa de Pontano'.

Les règlements qu'en a édictés ce dernier ne contiennent aucune disposition fâcheuse; ils sont de cette sorte que les académiciens se doivent couronner le front d'une guirlande de laurier et qu'abandonnant leur nom vulgaire, ils en adoptent un poétique qui sera consigné dans un album : c'est ainsi que Beccadelli s'appelle Panor-

1. Minieri-Riccio, Cenvo slorico rleW Accademin ponlaniana. Naples, 1876. — Minieri-Hicciu, Cenno slorico deile Accadeinie fiorile iyi Napoli, Arch. stor. p. le prov. napoletane. Naples, 1880, V, 353. — Tallarigo, Op. cit.., p. 102 et sq.

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mita, — de Ponte, Pontano, — Sannazar, Sincerus, — Gallucci, Calenzius, — Gulino, Compater, — Ferrari, Galateus, du lieu Galatina, où il avait reçu le jour, — et Careth, Chariteus, des Grâces qu'il cultiva toute sa vie. Le récipiendaire est également contraint d'accepter un banquet, au terme duquel ses louanges sont célébrées en latin. Nulle gène importune. Nulle étiquette encombrante. Les ris et les jeux se plaisent au commerce des muses, et le plaisir d'une bonne réfection s'ajoute aux plaisirs de l'esprit. L'hiver, on se retrouve autour d'un grand feu, et tandis que le repas s'apprête, on improvise un discours sur les belles-lettres ou on va chercher les Vies de Suétone que lit à haute voix un adolescent et qui prête occasion à une disputation érudite ; l'été, on préfère à l'intérieur d'une maison close l'ombre favorable d'un portique ou la fraîcheur d'un jardin planté d'orangers et de roses. Le latin s'envole de lèvres également prêtes au sourire et à la réplique ; le propos savant s'émiette en facéties ; et Naples donne à de si doux plaisirs la majesté de son décor.

Désormais, à Naples comme dans le reste de l'Italie, la lumière est allumée. Une humanité nouvelle est à l'œuvre. Il est temps d'examiner ses produits.

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