‹ Le quattrocento (volume 2)Chapitre 40 sur 77 · Me brevior Naso. meque Maro brevior · texte numérisé non relu

Me brevior Naso. meque Maro brevior

(G. Favre, Marias Philelphe. Mélanfi^es d'histoire littéraire, Genève, 1856, 2 vol., ■!.,?. 114.)

2. « Est etiam in quibusdam turba inanium verbonim, qui diimcommunem loquendi moreni reforniidant, ducti specie nitoris circunieunt omnia copiosa loquacitate quae dicere volunt. »

LE BEAU STfLE LATIN 229

Au surplus, que nous fait cette perfection et que signifie cet elTort? Aujourd'hui, qui parle, qui écrit encore latin?

Los candidats à la dissertation latine pourront, peutêtre, par analogie de métier, trouver quelque intérêt aux exercices de ces premiers confrères. Quant à nous, ces exercices ne nous touchent d'aucune sorte ; ils ne nous concernent en rien; et ce long et pénible travail qui dura tant d'années, exigea tant de forces et accumula tant de papier, laisserait l'humanité parfaitement indifférente, si au sommet de pareils tàtonnemcats, ne se trouvait impliqué plus et mieux que laforture du beau style latin.

Un tel travail marque, en effet, une date importante dans l'histoire des idées; il initie la prédominance de la forme sur le fond.

Les latinistes ont eu avant tout un souci dominant, celui de bien parler. Et ils n'en pouvaient, à la vérité avoir aucun autre. Car, qu'on regarde leur position ! Elle ressemble à la position de ceux qui, possédant une langue propreet maternelle, par laquelle ils peuvent se communiquer • naturellement et se répandre, apprennent une langue étrangère. Or. quand on api)rend une langue étrangère, ce n'est point pour se trailuire, c'est pour la savoir. Le but à poursuivre n'est point, dans l'espèce, la fidèle expression de soi-même, c'est la correction. Il ne s'agit pas de d«'verser ou prolonger son âme, il s'agit de bien parler. Ainsi des humanistes qui se sont placés dans une posture telle qu'ils ont comme unique devoir de bien parler.

Tout d'abord les mots les retiennent. Hien que les mots. 11 y en a, fissure Viltorino da Feltre, qui passent toute leur vie « après la chasse aux mots' ». « Ils ne

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