I. if,i,i
no se haïssent point; ils ne sont point ennemis; ils ne sont que rivaux. Au milieu de lia campagne deNaples, Braccio et Sforza posent les armes et, s'étant donné rendez-vous en un endroit de la Terre de Labour, disputent gravement et en bonne amitié, «de la discipline militaire, du succès de l'une et de l'autre fortune, et (les raisons secrètes de beaucoup d'entreprises ». « En dehors des intérêts de la guerre, dit Paul Giove, Francesco Sforza avait toujours tenu Jacopo Piccinino pour bon et lidèle ami. » Si les capitaines se jettent à travers la mêlée, ce n'est point par amour de leur cause, c'est par amour de leur art. Il ne s'agit point pour eux des'entre-détruire, mais de s'entre-jouer et d'entretenir et de prolonger la guerre qui est le pain. Déjà aux moines qui disaient à Jean Haakwood : « Dieu te donne la paix ! » l'ancien condottiere anglais répondait : « Dieu vous enlève vos aumônes! Voulez-vous que Dieu me fasse mourir de faim? Je vis de guerre comme vous d'aumônes'. » Aujourd'hui il y en a une vingtaine a vivre de guerre; et, pour qu'ils subsistent, il faut que la guerre subsiste. On se ménage. Les parties sont couvertes et les lleiirets mouchetés. Les engagements à fond sont évités de part et d'autre. A une bataille près de Florence, Machiavel nous apprend qu'il n'y eut qu'un homme tué. A l'afTaire d'Aquila, entre ceux de Braccio et de Sforza, une des plus sanglantes du siècle, quatre cents hommes en tout tombèrent, encore que ce chiffre fût tenu comme exagéré. « La milice de notre temps est perfide, écrit JEneas-Sylvius ; elle considère ses gages comme un gain de commerce, et pour qu'il ne manque point, elle prolonge la guerre. Le carnage dans la guerre est rare, et qui est pris ne perd que des chevaux et que des armes. Et il est plus rare encore que l'on combatte avec toutes ses forces dans une bataille unique. Si des m asses confluant des
1. Giovanni Aculo. Storia d'un condottiere per G. Temple-Leader e G. Marcotti. Florence; 1869 (Cfr. Novella CLXXXI de Sacchellij.
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deux côtés se réunissent sur un point et avancent leurs bannières, un capitaine enseigne à l'autre à se battre de telle façon qu'il y ait toujours occasion de se battre'. »
Sous une telle discipline, la loi de la guerre se transforme. La guerre devient un art. Sa fortune ne réside plus dans la morale des combattants, dans la justesse de la cause qui les aligne, dans le bon droit du principe qui les redresse; elle est dans la finesse, la promptitude et l'habileté de celui qui les conduit. Les Condotte perdent toute leur valeur intrinsèque ; elles ne sont que des pièces d'échiquier qu'il appartient au joueur sagace d'avancer ou de retirer au moment opportun. L'armée disparaît devant le chef. En 1393, lorsque Boldrino da Panicale est tué par trahison, ses soldats sèchent son corps, le couchent dans une tente d'élendards et, l'emportant avec eux, feignent de prendre ses ordres : en face de l'ennemi comme en face d'eux-mêmes, ils sentent qu'à tout prix il leur faut un chef, et que, laissés à eux-mêmes, ils ne seraient rien. Au lieu de s'jégorger comme des veaux et de rougir les fleuves de son sang, on temporise, on s'observe, on se tàte. Passes savantes, feintes, surprises, voltes, archivoltes, mouvements tournants. Et à ce jeu minuscule, qui se livre autour des citadelles et des postes d'avant-garde, si la trempe morale diminue, les lois de la tactique sont découvertes, et si l'armée s'effondre, d'excellents généraux sont créés.
Le prince est élevé dans ce milieu. Il n'est pas toujours que marchand ; très souvent il est condottiere, ou désigné à la gloire militaire par une république ou un monarque qui l'ont armé en se désarmant, ou continuant, dans les petits Etats du Nord, par exemple, un
I « Perfida est nostri teniporis niililia, quse slipendio veluti mercnluru; ulitur liicro. qiiud ne deficiat bellum producit. Rara est in prœlio Ciedes. nec qui rapiliir aliud aniittit quuni equos, arma ; perraro tolis vinbiis unica piigim certatur. Si coeunt hinc atqiie inde vires, sijjna conferunlur, ad pu^iiam pars parlein adnumet, ita pugnandum esse» ut uialeria beilo non desit. » (AIxeas-Sylvils, Com., p. 181.)
métior de famille. Les Gonzague sont condottières, les JMalatesta sont condottières, les Sforza sont condottières, les Este sont condottières. On disait des Baglioni de Pérouse qu'ils étaient nés une épée au côté ; on pourrait le dire du prince en général, qui, lorsqu'il ne connaît pas les manèges et les fourberies de la banque, connaît les manèges et les fourberies des champs de bataille. Il sait le moment exact où une cause est perdue et où il convient de passer à l'ennemi. Il garde l'habitude des coups d'audace, des violences soudaines, des traîtrises opportunes, qui décident l'issue d'une affaire. Il est brave, courageux et valeureux. A l'âge de treize ans, Sigismond Malatesta monte à cheval, rallie des soldats qui veulent se débander et met en fuite ceux qui veulent l'assaillir; à quinze ans, il soulève les habitants de Gèsene, s'improvise une armée de 4.000 soldats et de 300 chevaux, et, s'étant mis à leur tête, va battre à Lungarino les armées pontificales. Ferrante d'Aragon n'hésite jamais à payer de sa personne; Federigo di Montefeltro a perdu un œil d'un coup de lance ; Hercule d'Esté boîte d'un coup d'espingarde qu'il a reçu au pied. La guerre est une occasion de fortune comme une autre, plus rapide qu'une autre, car le condottiere commande aux Papes, commande aux rois, tranche du fil de son épée les nu?uds gordiens, incline du poids de son épée les plateaux des balances. De gardeur de cochons comme Carmagnola, il devient, comme le vieux Sforza, grand connétable, reçoit quatre villes et vingt châteaux de la reine Jeanne ; comme Piccinino « le fils de la fortune » il inquiète le monde de la signorie qu'il peut se tailler à son bon plaisir. A chaque moment, il faut l'arrêter dans son ambition encombrante. On le supprime : Venise tue Carmagnola; Rome tue Vitelleschi; Naples tue Piccinino. Et la guerre lui a été une excellente école de gouvernement. Tenu perpétuellement en haleine, livré aux seules ressources (le son esprit, il a acquis, au contact du danger et au
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maniement des hommes, l'énergie, la décision, l'audace voulues pour se créer un Etat et pour le conserver. Altendolo Sforza avait laissé trois avertissements à son (ils Francesco. Il l'avait prié de ne point regarder avec des yeux lascifs la femme et lami du vassal. Il lui avait enjoint de ne battre personne trop àprement ou, dans ce cas, de lui offrir un présent et de l'envoyer loin. Enfin il lui avait recommandé de ne jamais monter un cheval à la bouche dure ou sujet à perdre ses fers, parce que lui-même, montant un cheval qui s'appelait Drago, très bon, mais dur de bouche, n'avait pu le retenir devant ceux de Braccio et avait été précipité dans la fosse d'A versa. Muni de ces avertissements, Francesco Sforza, en toge blanche, fait, le 25 mars 1450, son entrée à Milan, porté sur les épaules du peuple dont il reçoit l'épée, le sceptre, l'étendard, les clefs et le sceau. 11 a épousé la fille du dernier des Visconti. Il marie lui-môme ses enfants à des rois, en fait des cardinaux ou des princes. 11 fonde une nouvelle dynastie, reconnue par l'Italie en 145i; laisse un royaume prospère, embelli d'œuvres d'art; établit un Gouvernement fortifié par une politique de sagesse et le succès d'armes heureuses; est glorifié par les poètes et émerveille un chacun. <- A cheval, à soixante ans, écrit ^Eneas-Sylvius, il paraissait un jeune homme. Haut de taille; majestueux de port; le visage grave; le propos calme... Il parut unique à notre époque, pour les dons de son esprit et de son corps... 11 fut rarement malade, et il n'y eut rien qu'il eût grandement désiré dont il ne se soit emparé'. » Ce n'était pourtant qu'un condottiere comme les autres condotlières, ayant servi le Visconti contre Venise; ayant servi Venise contre le Visconti; ayant pris la Romagne aux Papes, inrilis Paolo et Petro ;
1. « In modum juvoiiis eqnilabat : stalura eminens majestale corporis exiinia, vultu gravis, sermone nlacidiis. Unus noslra étale visus corporis »'t animi dotibus excellens. Valetiidine raro pulsatiis adversa, iiihil non politus quod niagnopere desideraverit. » (.ilNEAS-SvLViis, C'om., p. 131;.
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ayant combattu pour les droits de la papauté sur la Romagne; devenu un homme d'Etat accompli, parce qu'il avait été un homme de guerre accompli, et qu'il arrivait à ses adversaires de déposer les armes à son approche pour le saluer ce qu'il était : « le Père commun des soldats ».
On se tromperait toutefois, si l'on reconnaissait dans l'épée ou dans le couteau l'arme ordinaire de cette époque de combat. Elle eut un instrument plus dangereux et plus affilé, la raison.
A tout prendre, la guerre à l'épée n'est que secondaire. Elle s'accomplit à l'arrière-plan. Elle perd chaque jour de son importance avec la transformation du peuple armé en condotta^ de la condotta en général, de la bataille en duel. Les vertus militaires se spécialisent, c'est-à-dire qu'elles s'isolent, et, du môme coup, elles déclinent. Personne ne se lève pour recueillir la glorieuse succession des capitaines du début du siècle, des Alberico di Barbiano, des Attendolo Sforza, des Braccio da Montone. Celui qui en serait le plus digne, Francesco Sforza, de condottiere se fait diplomate. Le terrain de la lutte se déplace et passe de la franchise de la rase campagne, du champ de bataille a ciel découvert aux voûtes basses des chancelleries, dans le secret des cabinets et des conseils. Ce n'est plus à coups d'espadons et de bombardes qu'on s'attaque; c'est à coups d'intrigues, de machinations et de négociations. Ce ne sont plus des lleurets qui se croisent, mais des fils compliqués qui s'embrouillent. Aux voiles des lourds escadrons d'aveulure, se substituent les ambages de la pensée sinueuse. La politique se développe à la place de la guerre.
Evidemment cette politique n'est pas grande. Elle ressemble à la petite guerre que se faisaient les bandes
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de raccroc. A un moment et chez un peuple qui retrouvait l'ancien monde et qui en découvrait un nouveau, nous ne voyons pas qu'il naisse d'ambition gigantesque. La France, l'Allemagne, l'Espagne, vont fouler de leurs cavaleries le sol de la Péninsule ; l'Italie ne songe pas à passer les Alpes ou la mer. La papauté, dont le dessein embrassait jadis le monde, se restreint à son clocher ou à son neveu. Aucun Visconti ne commande plus à son joaillier la couronne d'Italie. Le rêve se borne. L'horizon se rétrécit ; tout est petit : intrigues, embuscades et passions. Mais, dans l'étroitesse de ces limites, que d'adresse, que de souplesse, quel sens précis des événements et des hommes, quelle vision sagace de l'univers politique et social, et quelle somme d'intelligence, d'énergie et de savoir dépensée pour un intérêt de trois pieds ! A étudier ce (jui demeure de cet art diplomatique — les lettres d'archives, les instructions de princes, les relations d'ambassadeurs — on demeure émerveillé. Jamais le monde n'a été étudié et compris avec la logique plus implacable d'un esprit plus dépouillé de préjugés.
Le prince s'est nettoyé de toute illusion. Il ne croit plus à la famille, puisqu'il n'est pas issu de celte famille, puisqu'il est illégitime. 11 ne croit plus à la tradition, puisqu'il a brisé avec celte tradition, puisqu'il est l'usurpateur. Il ne croit pas à la fortune, car la fortune est femme et veut être contrainte par des mains hardies. Il u«? croit pas à la Providence, car. à ce qu'assure Machiavel, on peut mal vivre sans oU'enser Dieu. 11 ne croit qu'à lui-même, à sa propre expérience ou « observation des choses, » et à ce livre qu'il lit constamment et que Guichardin appelle <« le livre de la discrétion ». Au royaume de l'idée succède le royacme du l'ail. L'ilalie polilique otl're le spectacle d'une instabilité inlinie, où la nouveauté triomphe et détruit |»ièce à pièci', l'ordre, h» svslèmi», le régime du passé; ]n\^ une institution qui demi'ure, pas un rovaunie qui
dure, pas un principe qui vaille; des inconnus arrivés aux premières places et les gloires d'hier à pourrir aux fenêtres des palais où la révolution les a pendus ; des constitu lions aussitôt rejetées qu'enfantées, des maisons aussitôt détruites que bâties, des conjurations qui éclatent dans des églises et le sang qu'on lave avec le vin ; des villes qui sont à vendre et des dévouements qui sont à acheter; des ligues, des contre-ligues qui se nouent, se dénouent et se renouent indéfiniment ; des alliances conclues entre des ennemis acharnés et des guerres qui opposent les amitiés les mieux unies; partout, à la place du droit avéré ou prétendu, le régime de la force. De ce spectacle, le prince conclut qu'il n'y a qu'une chose qui compte, à savoir d'être fort, intelligent et opportun: il est fort, intelligent et opportun. Il ne considère plus le monde comme un produit de Dieu, mais comme un simple jeu d'intérêts humains et de passions humaines à réfréner, satisfaire ou conduire. 11 se départ des abstractions et des a jjrioriAn lascolastique pour entrer dans la réalité positive. Et la politique cesse d'être une théorie, pour devenir une science expérimentale, basée sur l'étude des hommes et l'observation des faits.
Le prince est, comme on l'a dit, un véritable artiste politique. Il connaît les hommes comme pas un ; Cosme de Médicis, rien qu'à les regarder au visage * ; Philippe Marie Visconti, à obliger chacun « à vomir sapâtée^». Lui-même est clos, impénétrable et secret. Il est double, ambigu et dissimulé. Alphonse d'Aragon prétend que si sa chemise connaissait son secret, il la jetterait au feu. Philippe-Marie Visconti ne se confie à personne qu'il ne s'en défie davantage ; seule une grosse veine, soudainement gonflée sur son front, trahit sa colère ^
1. « Cosimo era discreto in ogni cosa e conosceva gli uomini a guardarli in viso. » Vespasiano, Vite, p. 265.
2. « Il n'y avait personne, dit Picr-Candido Decenibrio, qui n'agit tellement secrètement qu'il n'en fouillât l'âme, el non bullum evomere compellevet. » (P.-C. Decembrio, op. cit.)
li «Neculli tantum credidit cuinon diffideret amplius... Iratum depre-
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Ferrante d'Aragon n'est jamais aussi patelin, câlin et prévenant qu'envers celui qu'il va reléguer dans une cage de fer. La dissimulation n'est pas qu'une force, c'est une vertu. Et Pontano la recommande d'après l'exemple de saint François, qui dépiste des chasseurs il la poursuite d'un lièvre caché dans son manteau. Et lorsque vEneas Sylvius dit de Sigismond Malatesta qu'il fut remarquable « ouvrier de simulation et dissimulation, » la parole ne sonne pas comme une injure, mais comme un compliment. Il est admirablement au fait des conditions sociales, économiques, politiques, de chaque |)ays d'Italie. Il entretient partout des envoyés qui espionnent et lui rendent compte de l'histoire et de l'historiette, du conseil secret comme de l'apparat d'une fête, du produit d'une récolte, du rendement d'un impôt, d'un mot recueilli dans le train d'une chasse ou de la toilette d'une femme à la cérémonie de la cour. Il sait les ressources, les faiblesses, les chances, les habitudes, jusqu'aux particularités physiques de l'ami ou de l'ennemi qu'il n'a jamais vu. Il sait d'oii le vent se lève et où le vent va souftler, car lui-même est disposé « à se tourner selon que les variations du vent ou de la fortune le lui commandent. » 11 prend les choses comme elles sont et les événements comme ils viennent. Rien ne l'étonné ni ne le désarçonne ; rien ne le prend à Timproviste ; il a prévu de loin « les mouvements des choses ». Ludovic le More fait rentrer dans son calcul des probabilités la bonté naturelle au cœur de l'homme, qu'il lui était permis d oublier ; et César Dorgia, ayant conquis les Romagnes, a pensé à tout, à la mort possible de son père, !<" pape Alexandre Vi, à la n<»miiialion pi^ssible d'un successeur ennemi de sa famille, et n'a oublié que cette conjoncture, qu'au moment de la mort du pontife lui-même
hemlcrc haut! Tacile fuit, nain ridere consueverat. unico ex signo vena^infra Tronteui lumeracltt' pn.dehal aniiuuui. » (PiiH-CAXDihoDECEx- IIKIO, itp. cil.)
ÎÎ8 LÉ QUAttROCESfd
serait moribond'. Il semble acculé aux extrêmes; Il trouve une issue. 11 est lancé dans le vide : il retombe sur ses pieds. Lorsqu'après la bataille navale de l'île de Pontia, Alphonse d'Aragon est amené prisonnier, sur un coin de la flotte génoise, à Philippe-Marie Visconti, on le croirait perdu; du jour au lendemain il se fait un allié de ce vainqueur féroce à qui il a su démontrer qu'il est de son devoir de s'intéresser à sa fortune, que s'il abandonne Naples à l'Angevin, il appellera les Français dans la péninsule et que sa victoire, au lieu de lui proliler, profitera à. ceux d'Outre- Mont ; et il a raison; et il convainc le Visconti qu'il a raison, et le Visconti, l'ayant traité magnifiquement dans des banquets, le réintègre dans son Etat'^. Laurent de Médicis est en guerre avec Ferrante d'Aragon, guerre désastreuse où il perd sa fortune et son crédit. Déjà, en pleine place, un citoyen a osé lui crier au visage : « Il nous faut la paix! » Que fait-il? Lui, qui est l'âme de Florence, en tient tous les fils et en porte tout le faix, sans escorte et sans armes, va se remettre délibérément dans les mains insidieuses d'un ennemi dont il connaît les grilfes. 11 confie à cette cruauté, avec sa propre destinée, la destinée de tout un peuple. " Et par des paroles, au moyen d'un grand non)bre d'exemples et de cas, se basant sur des raisons très efficaces, il persuade au roi de préférer la paix à la guerre, et que, niaîtke de l'Italie, il aime mieux le salut de tous que la ruine d'aucun, et qu'il est royal, d'adversaires devenir alliés, et amis d'ennemis''. » Et le roi de Naples qui, maître de la situation et de sa personne, pouvait tout exiger, en convient, et après
1. « Ed egli stesso mi clisse, che aveva tutto preveduto c a tutto pensato. salvo che a trovarsi per morire appunto in sulla morte del papa. » (Maciiiaveli.i, Il Principe, cap. viii.)