‹ Le quattrocento (volume 2)Chapitre 56 sur 77 · Desine mirari versus, quos inter edendum · texte numérisé non relu

Desine mirari versus, quos inter edendum

Edimus, aut hora carmina lusabrevi.

Testis es, ut quum jam versu defixior essem

E digitis calamos sublrahat IJrsa meis. » (P; 12.)

jure par ces larmes, et par tes jambes semblables au lait, et par tes cuisses douces, et par ta croupe, que je n'ai jamais fait que des vers qui te louent'.» Aida réclame un Catulle. « Je brûle, mon Galeazzo, écrit Beccadelli à Galeazzo, de retrouver le fin Catulle pour complaire à ma maîtresse. Elle est lascive et lit volontiers les poètes délicats; et c'est tes rythmes, ù savant Catulle, qu'elle préfère. L'autre jour, elle me les demanda d'une prière qui était une caresse, car elle pensait que j'avais peut-être son poète en ma possession* ». De la sorte, détaillant des beautés secrètes et des prouesses d'alcôve, V Hernmphrodiliis semble un bibelot de lupanar ; et c'est précisément à un lupanar de Florence que le poète l'expédie, derrière l'église de Santa-Reparata, dans la ruelle du « Bœuf-Mort^ ».

Beccadelli est le poète d'un souffle. Son volumet est construit de petitespierresdéchausséesauxérotiques grecs et plus spécialement à Catulle. Mais derrière Catulle on sent Sienne, la vie de Sienne, la volupté de Sienne, l'atmosphère molle, sensuelle et fine de la ville qu'^^ineas- Sylvius disait chère à Vénus, où la Fonte gâta coulait sur la place, où Bruni mandait son discours aux courtisanes, où Gentile Sermini contait ses propos poivrés, où Marrasio composait son Angelinetus^ et où san- Bernardino élevait sa voix indignée : « 0 cochons! un peu do continence ! » Epigrammes à la pointe acérée ou innocente; malices contre le pédagogue Matteo Lupi que Beccadelli déteste; contre Hodius; sur Crispinus qui garde sa femme et ne garde pas son vin; odelettes

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