Vicus Proxinius occiso de bove noaien habena
à Alexis; tableautins enlevés d'un trait; caresses lascives; plaisanteries obscènes; gros et menus propos; dédicaces, compliments, épitaphes de courtisanes, de jeunes filles, d'un cuisinier, d'un cheval : c'est tout.
Ici, le poète se tourne contre un usurier chez qui il a mis son Plaute en gage. Ici il demande à Aurispa de lui prêter Martial ; ici il insulte la froideur d'un adolescent, « plus sec que la corne, plus pâle que le safran ». Sa maitresse, chassée parla peste, a quitté Sienne. Un paysan a embrassé sa maîtresse. La mère de sa maîtresse tient sa fenêtre close. Le spectacle d'un individu, occupé derrière une haie à certaine affaire, l'interrompt au milieu des vers qu'il ajuste : « 11 a fléchi les genoux et s'est réduit tout en rond, les coudes aux jambes, les mains aux joues'.» Matteo Lupi porte un long manteau. « Dis-moi, Lupi, pourquoi te revêtir d'un long manteau ? Penses-tu couvrir d'une toge le défaut de ton mollet? C'est ne rien faire, ô fou, tes épaules, tes flancs bougent : telle une barque sans rameurs sur l'eau gonflée^. »
On voit le mouvement, le bonheur du trait sobre, l'atticisme toscan condensant et ramassant la sensualité méridionale en statuettes maigres et dures. L'art entre dans la pornographie qu'il affine et qu'au moins aux yeux du cardinal Cesarini il rachète^. Cela est vif,preste et naturel. Cela court et cela vit. Le latin est devenu gamin, c'est-à-dire polisson, et il affiche l'ordure, comme chez Valla il affichait le paradoxe. « Pour la première fois, dit Paolo Cortese, apparaît une langue vraiment poétique, alors qu'auparavant on ne faisait que