Cf. CnrtUicri, Studi letlerfiri. Livoiirno, 1874, p
3. « Oinnia ex te siint. geniis onine pcr te (iignitiir, crescit simiilet perennat.
Et tibi assurpunt nomora, et tibi berbœ, (Jernien et oinne. »
jeunes paysans, se rendent aux glorieuses noces de Sebetho et de Parthénope, soit du fleuve de Napies avec la cité de Napies. Lepidina et Macron s'aiment comme des colombes, et Lepidina porte une jarre de Lait.
« Macron. — Tu es grosse, Lepidina ; et languissante, tu portes un lourd fardeau, une jarre de lait, et des boudins dans ton panier fumant. Repose-toi un peu sous l'ombre verle. Le soleil décline et la chaleur s'adoucit.
Lepidina. — Voici, je t'ouvre ma gorge de lait et je te donne mes baisers. Cette ombre rallume en moi d'anciennes flammes. 0 Macron! mon cher Macron! rends-moi mes baisers, ô Macron!
Macron. — C'est ici pour la fois première que tu me découvris tes seins. C'est ici, Lepidina, que tu m'as donné tes premiers soupirs. Alors Macron fut à Lepidina et Lepidina fut à Macron.
Lepidina. — C'est ici, parmi ces feuillages, entre ces bosquets connus que tu te cachais, lorsque la première je t'ai donné la rose, lorsque tu m'apportas la fraise le premier...
Lepidina. — De ce jour nous avons vécu sans querelles, comme deux pigeons jumeaux. Le jour nous vit ensemble. La nuit nous vit ensemble. Joignons nos lèvres. C'est ainsi qu'en amour font les pigeons jumeaux '. »
1. « — Et gravida es, Lepidina, et onus grave languida defers. Obbam lactis et h*c fuinanti farta canistro Hac agedum viridi pauUura requiesce sub umbra, Déclinât sol dtim rapidus, des.Kvit et ijestus.
— En lactis tibi sinum, atque hœc simiil oscula trado. Umbra miiii, ha;c veteres, memor es jam suscitât ignés. 0 conjux mihi, care Macron, redde altéra Macron.
— Hic niihi tu teneras nudasti prima papillas. Hic Lepidina mihi suspiria prima dedisti. Tune Macron Lepidina tibi, Lepidina Macroni.
— Has inter frondes, virgultaque nota latebas Quum tibi prima rosam, prlmus mihi fraga tulisfi.
— Hic Macron Lepidina, uieus, me prima vocasti Etprimus, mea, te alternans, Lepidina vocavi.
— Viximus ex illo gemini sine lite columbi, Nox socios vidit, socios lux, oscula junge Mutua, sic gemini servant in aujore columbi, »
L ESPRIT PÔIPULAIRË DANS LE LAtlN 31*
Pour fêter Parthénope, la nouvelle épousée aux cheveux noirs, aux yeux noirs — et tout son corps n'est que Heurs, et de sa gorge de rose dégoutte la rosée d'Acidalie — les hommes, les femmes couronnés de myrtes passent. Passent les Néréides : Pausiiippe aux cheveux entremêlés de lierre, qui donna souvent à Lepidina du persil et du serpolet; Mergelline, la robe ouverte, le pied nu et blanc; Herdi, riche en corail et en miel; passent les Néréides : Butina, la rubiconde, un panier rempli de saucisses et de ciamhelle; Pistasis, qui repousse Thommage des faunes épris de sa poitrine marquée d'un signe noir ; Olympias, si habile à peindre à l'aiguille qu'en ses broderies on croit entendre mugir h; taureau, grogner le porc, crépiter les cigales. Mais Lepidina se sent lasse. « Pose ton fardeau, lui dit Macron, et repose tes membres fatigués, car tu es grosse. Lepidina, et tu portes une lourde charge '. »
Lepidina s'est assise; et à côté d'elle s'esl assise la nymphe Planuris, dont la poitrine veinée porte des roses de Pœstum et des violettes du Vésuve. Les deux femmes se partagent des fruits et du laitage, et Planuris détaille la procession en marche. Voici Gaurus et sa femme Campé; Aleva; Misène, à qui une bête énorme fait le chemin; Capodimonte, qui boîle, mais donne le signal des danses, et parmi le chœur qui l'entoure, Mari lia chantt? : « Assemblez vos troupeaux autour de l'orme, car l'orme aime les troupeaux! » et le chœur répond : « L'orme aime les troupeaux. » Voici Vésuve, le dernier survenant de la longue théorie fleurie et embaumée se déroulant dans la lumière, la musique et la splendeur des étoiles brodées; Vésuve, vieillard au front chauve, bossu, de poitrine broussailleuse, sans manteau, couvert de verrues au menton; Vésuve, dont les deux femmes ont souvent discouru entre elles,