Donne e giovanetti amanti
Viva IJacco e viva Amore!
Ciascun suoni, balli e canti!
Arda di dolcezza il core !
Non fatica, non dolore !
Quel c'ha esser, convien sia.
Chi vuol esser lieto, sia :
Di doman non ce certezza.
Quant'è bella giovinezza Che si fugge tuttavia!
Chi vuol esser lieto. sia :
Di doman non c'é certezza. »
{l'oenie di Lorenzo de' Medici, p. 423.)
jours, par Politien adolescent, prêté par les Médicis aux Gonzague ; deux ou trois personnages en font l'affaire : les bergers Aristée et Mopsus, Orphée et Eurydice, Proserpine et Pluton, les Bacchantes; quelques fragments d'idylle, deux ou trois jolies chansons mises bout à bout en fournissent le texte ; et pourtant dans cette bluette ténue, improvisation d'un jour pour un jour, tient toute l'idée du théâtre moderne. Qu'en est-il maintenant des pauvres enluminures de catéchisme, élaborées dans les sacristies et ânonnées par des compagnies de dotlrina ? L'odeur du cierge a disparu. Au lieu du latin des oremus, debout dans les fleurs du Parnasse, Orphée chante sur sa lyre une élégante ode saphique au cardinal de Mantoue, qui applaudit : 0 meos longiun modu'ata litsus, Quos amor primum dociiit jiivenlam... Au lieu de longs, lourds, compendieux commentaires de textes sacrés, Orphée, agenouillé devant Pluton et Proserpine, transpose Ovide en se jouant : « La vigne délicate et la grappe encore verte, — Vous l'avez coupée d'une faux cruelle. — Qui est celui qui moissonne le blé en herbe — Et ne peut attendre qu'il soit mûr? — Donc, rendez-moi mon espérance. — Ce n'est pas un cadeau, c'est un prêt que j'implore, — Je vous en prie par les eaux troubles des marais du Styx etd'Achéron, — Par le chaos d'où tout le monde est né, — Et par l'ardeur sonore du Phlégéthon, — Par le fruit qui sut te plaire, ù reine, — Jadis avant de laisser nos contrées'... ») Et au lieu des laudes pleureuses, des