‹ Le quattrocentoChapitre 107 sur 151 · Vedrai ne' regni suoi non più veduta · texte numérisé non relu

Vedrai ne' regni suoi non più veduta

Gir Flora errando con le ninTe sue : Il caro amante in braccio l'ha lenuta, Zefiro; c insieme scherzan tutti edue... « Sentirai per l'ombrose e verdi valii Corni c za.iinogne Tatte d'una scor/a Di salcio o ai castagne : e vedrai balli Degli oimi ail'ombra, quaadu il sol più srorza.

Jadis le paysan Vallera implorait la Nencia de Barberino « au cœur plus dur qu'un gobelet». Aujourd'hui Laurent invoque le berger Gorinto quand il supplie Galatée ; Gorinto, qui compose des vers harmonieux; Corinto, qui émule de Diane, se mesure avec les taureaux et les ours ; Gorinto, qui possède du lait frais, et des fraises rouges et belles, et des abeilles au miel plus doux que l'ambroisie. A l'aube, il a vu dans le soleil levant un verger de roses ; les roses étaient fleuries ; mais les roses ont passé : « L'automne arrive ; et alors qu'ils sont mûrs, — on cueille les doux fruits. Puis le beau temps passé, — De (leurs, de feuilles, de fruits, tout se dépouille. — Gueiile la rose, ô nymphe, alors qu'il est beau temps '. »

Jadis le brave Luca Pulci s'escrimait de son mieux à contrefaire le Ninfale fiesolano dans son Driadeo d'amore^ où d'un geste appliqué, soufllant fort, il accumulait une érudition sentant l'huile rance. Aujourd'hui Laurent sourit et joue de composer son clair petit poème de XAmhra^ allégorisant sa villa du Poggio,que Giuliano da San Gallo lui a construite au confluent de l'Arno et de l'Ombrone. Oh ! l'ingénieuse et toute délicate fantaisie! La nymphe Ambra et le h berger alpin» Lauro s'aiment sans retour. Mais un jour qu'Ambra se baignait dans Ombrone, fils d'Apennin, le dieu du fleuve, couronné de sapin et de frône, l'a aperçue. Il la poursuit. Elle se sauve, délacée, agile, si légère qu'elle ne courbe pas les épis oij posent ses pieds nus.

« Corne arboscel inserto gentilmente

Si maraviglia, quando vede poi

Novi lior nove frondi in se virente

Nutrire e maturar pomi non suoi :

Tal maraviglia ara la bruma algente,

Quando si bella mostrerassi a noi

La terra del novo abito vestita,

Fra se dicendo : — Or son io rimbambita. »

[Poésie di Lorenzo dé' Medici, p, 184-185.) 2. « Vien poi l'autunno, e inaturi si cogliono

I doici pomi ; e passato il bel tempo, Di flor di frutti e fronde al fin si spogliono. Cogli la rosa, o ninfa, or ch'é il bel tempo. »

{Ib., p. 233.)

Elle va disparaître. Alors Ombrone, désespéré, implore Arno qui gonfle ses eaux et fonce sur elle. Elle va succomber. Alors, tremblante, elle supplie Diane de la garder à Lauro. Et Diane, touchée, la métamorphose en rocher, et c'est de ce jour qu'Ombronc baigne de larmes les pieds de l'immobile Ambra.

Jadis enfin, Luigi Pulci avait chanté en un poème long, lourd, pénible, chargé d'énumérations oiseuses la Joute que Laurent de Médicis avait courue en 1409. Aujourd'hui six ans ont passé. C'est Julien de Médicis qui entre dans le tournoi et c'est Politien que le chante ; Politien qui a vingt ans ; Politien qui se divertit à traduire Homère; Politien dont la fantaisie est toute brillantée de ces mots dorés de Lucrèce, donton fait du miel ; Politien qui, lui aussi et à sa manière, a volontà di dire ; et ayant vu ces vingt-deux jeunes hommes, reluisants de pierreries et de fines armures, entrer lentement dans le champ clos, chacun monté sur un cheval de race, chacun portant son emblème et sa devise, chacun flanqué d'un cortège de pages, de tambours, de trompettes, et à leur suite Julien de Médicis dans ses longs cheveux bouclés ; et ayant assisté à la lutte de ces jeunesses qui se défient, au contraste de ces couleurs qui se répondent, à la mêlée resplendissante des bijoux, des costumes, des enseignes, au pied de la vieille église dominicaine de Santa-Groce, à Pair libre de Florence, devant le peuple qui acclame, les femmes qui sourient et la bella Simonetta qui rougit, il a interrompu sa traduction d'Homère et s'est mis à l'ouvrage. H en résulte ces fameuses stances de la Giostra, où tout l'esprit de la Henaissance est enclos, dont on a voulu faire le joyau littéraire de l'époque, et sur lesquelles il convient de nous arrêter.

Le sujet des Stances n'est rien. Julien, baron toscan, fils de l'étrusque Léda, ne connaît pas l'amour. A lutter avec le vent sur son cheval, h sauter comme un léopard, à lancer le disque, h jeter le trait, couronné de

pin OU de frêne, il n'aime que Diane et les chastes Muses, il méprise la femme, «jeune serpent caché sous les fleurs qui arrache au cœur la pensée mâle ». « Qu'il est plus doux et qu'il est plus certain, — Poursuivre en chasse les botes qui s'enfuient, — Parmi les bois antiques, hors des fossés, des murs, — Et épier leur gîte et suivre leur piste! — Voir la vallée, la colline, l'air limpide, — L'herbe et les fleurs, l'eau vive, claire et froide, — Ecouter les oiseaux gazouiller, résonner l'onde, — Et doux au vent murmurer le feuillage' ! » Un jour, à la pointe du jour, ayant fait brider son cheval, il part pour la forêt, à la tête d'une compagnie choisie. Dans le bruit joyeux de la chasse, il galope libre et vierge, le front ceint d'un rameau de verdure, les cheveux couverts de poussière, le corps baigné de sueur. Soudain une biche à la robe candide se présente fi son regard. C'est Cupidon qui, froissé de la superbe de Julien, impatient de tout mépris, a tissé d'air léger celte apparence charmante. A bride abattue l'Hippolyte toscan s'élance à sa poursuite, va l'atteindre, lorsqu'au milieu d'une clairière verte elle s'évanouit et le cède à une nymphe voilée de blanc. Simonetta, la bella Simonettrt, qui naquit en Ligurie dans le giron de Vénus et fait sous ses pieds l'herbe blanche, l'herbe rose, vient d'apparaître. Assise sous la verdure, elle a cessé de tisser sa guirlande. Peureuse, elle a levé la têle. Ayant saisi de sa main blanche le coin de sa jupe, elle s'est dressée, le giron plein de fleurs. Elle a souri. Elle a parlé d'une voix de perle et de violette. Elle a marché dans un geste de grâce amoureuse. Et lorsqu'elle a disparu dans l'ondoiement de sa robe angélique, Julien

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