Quanto è piu dolce, qiianlo è più sicuro
Seguir le fere fuggitive in caccia Fra boschi antichi fuor di fossa o muro E spiar lor covil per lunga traccia !
Veder la valle e'I colle e l'aer puro, L'erbe e fior, l'acqua viva chiara e ghiaccia! Udir li aiigei svernar, riinbombar l'onde, E dolce al vento niormorar le fronde ! »
se répand en pleurs comme la bruine devant le soleil. En vain les jeunes hommes de son escorte l'appellentils du cor par la forêt, Julien demeure seul dans la nuit qui couvre les choses de son manteau d'étoiles. Julien est le prisonnier de Gupidon : « Maintenant où sont, Julien, les sentences graves, les paroles magnifiques, les préceptes, — Dont tu molestais les amants misérables? — Pourquoi aussi n'es-tu plus réjoui de chasser? — Voici qu'une femme tient en sa main les clés — De chacune de tes envies •... » Ayant de la sorte accompli sa belle vengeance, Gupidon renionte au ciel; il arrive au royaume de sa mère, où, dans un printemps éternel, près d'un ruisseau aux cailloux duquel les petits amours aiguisent leurs flèches, s'élève un palais de pierres fines et d'or fin, entouré de toutes les fleurs et de tous les arbres, regardant les sept cornes du Nil, éclairé du premier rougeoiment de l'aurore. Un jour pur et tranquille y pénètre à travers les murs de saphir d'Orient ; le pavé est décoré de peintures en pierres ; les portes sont ornées de bas-reliefs encadrés de guirlandes de roses, de myrtes et d'oiseaux; sur un lit, étendus, Vénus et Mars s'y reposent de leur récente étreinte, et un nuage de roses pleut sur eux. Gupidon essoufllé, s'étant jeté au cou de sa mère, lui raconte la défaite de Julien. A ce discours, Vénus brille d'une splendeur d'aurore; elle veut que Julien s'arme pour remplir le monde de sa gloire et « pour que quelqu'un, chaulant les airmes du fort Achille, renouvelle en son style les temps antiques ». Et par l'inlermédiaire de Pasitée, elle envoie à Julien un songe belliqueux propre à ranimer son ardeur. Julien se réveille et proclame un lour-
1, « U'son or, lulio, le sentenzie ^ravi,
Le parole inagnifiche e preceUi, Con elle i niiscri amaiiti inoleslavi ? Perché pur di cuci'iar non ti dilelti ? Or ecco ch'una donna in iiian le chiavi D'ogni tua voglia e tulli in se rislretti Tien, miserello... »
noi. «Avec vous, s'rcrie-t-il, je m'en vais, Amour, Minerve et Gloire, — Car votre feu m'enflamme tout le cœur ; — De vous j'espère remporter la victoire, — Tout brûlé que je suis de votre éclat. — Aidez-moi de façon que chaque souvenir — Puisse se marquer de mon empreinte éternelle — Et rende humble celle qui me méprise. — C'est votre enseigne qu'au camp je veux porter!.» A ce point, brusquement interrompu, s'arrête le poème de Politien.
C'est ainsi que ce poème, qui s'appelle la Joute, ne parle pas de joute, soit que la mort imprévue du prince Julien assassiné au dôme en 1478, ait interrompu le poète, soit plutôt que cet artiste de la petite chose ait, au bout de 171 octaves, épuisé sa provision verbale. Et d'ailleurs peu im[)orte : nous l'avons vu, le sujet n'a jamais été pour Politien qu'une occasion d'ouvrage habile. Ici encore, dans cette idylle délicate qui aurait voulu être vme épopée, Politien a obéi à son talent. Il a travaillé, ciselé, serti des gemmes précieuses qu'il a réunies par le fil invisible d'un collier et qu'il a suspendues au cou du Médicis. Il a créé avec esprit des motifs où épancher sa veine et montrer sa braverie. Et il a fini.
Aussi bien l'intérêt de cet échantillon d'adresse reste partagé en autant de pièces détachées et séparables : dans la description du royaume de Vénus, dans la peinture de l'Age d'or, dans le tableau du Printemps, dans le récit de la chasse de Julien ; moins encore dans le détail du pavé ou des portes du palais de Cythôre. Les claires mythologies, les jolis paysages, les menus bas reliefs, tous les animaux, tous les arbres,