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Gon voi me'n vengo, Amor, Minerva e Gloria

Chè'l vostro foco tutto'l cor m'avvampa : Da voi spero acquistar l'alta vittoria, Chè tutto acceso son di vostra lainpa : Datemi alla si, che ogni memoria Segnar si possa di mia cterna stampa, E facci umil colei ch'or mi disdegna : Gh'i portera di ^oi nel canipo insegna. »

toutes les fleurs de la création; et au milieu de cette fraîche évocation, Simonetta, la divine Simonetta au visage de troènes et de roses, à la robe blanche, au regard do joie céleste, qui fait germer la terre sous ses pieds, qui arrête la brise à ses paroles, que chaque petit oiseau salue dans sonlatin, que Beauté et Délicatesse montrent au doigt et avec qui Gentillesse s'en va sous forme humaine : voilà l'argument des stances. Politien veut lout y mettre et lout y dire : les fleurs, qui comptent trois strophes, la nuit, qui en compte une, les poissons, qui en comptent une, avec le crépuscule en six vers, le sanglier en quatre, le serpent en deux. Il semble qu'auparavant rien n'ait été décrit. L'univers est vierge. Le premier soleil se lève sur la terre. Et Politien regarde.

Il ne fait guère que regarder; car, en italien, comme en latin et comme en grec, dans toute sa poésie et jusque dans sa ballate des roses qui voudrait être un sentiment et qui n'est qu'un tableau, Politien reste peintre. Seul le monde extérieur le sollicite. Il excelle à fixer d'une pointe aiguë et sèche une image mobile, une pose d'animal, un mouvement de draperie, un geste de branchage; il voit le lierre « qui chemine à genoux les pieds tors », la robe d'Europe, « qui ondoie et fait retour en arrière », le sanglier qui « aiguise ses larges défenses, serre ses grifles, rugit et gratte, et, pour armer sa vigueur, il frotte contre lesécorces dures son cuir calleux * ». Il sait, comme Ghiberti et Giotto, emprisonner l'infini d'une scène de nature en un petit compartiment chantourné : « Sur son àne. Silène, de boire toujours avide, — Avec des veines grosses, noires, humectées de moût, — Semble ivre, sommeillant et enceint. — lia les yeux rouges, gonflés et fumeux de vin. — Son i)etit Ane peureux, les nymi)hes

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